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Stéphane Valeri : « Le télétravail permet d’accueillir jusqu’à trois fois plus de collaborateurs »

Six ans après sa mise en place, alors qu’il était encore au gouvernement, Stéphane Valeri dresse le bilan du télétravail.

Vous aviez milité pour le télétravail en tant que Conseiller de Gouvernement des Affaires Sociales comme vecteur de croissance. C’était un credo personnel ? Pourquoi ?


Lorsque j’étais Conseiller de Gouvernement-Ministre des Affaires Sociales et de la Santé, le Prince Souverain m’avait confié parmi les objectifs à atteindre en priorité, la mise en place du télétravail pour les salariés des entreprises de la Principauté. Cela passait obligatoirement et préalablement par la renégociation de la convention fran-co-monégasque de sécurité sociale, puisque je vous le rappelle, plus de 88% de nos actifs ne résident pas en Principauté et la grande majorité habite en France (près de 80%). Or, sans modification de cette convention, les télétravailleurs salariés en Principauté et résidant en France, auraient dû être affiliés au régime français de sécurité sociale, moins avantageux tant pour les employeurs que pour les actifs. Ainsi, la nouvelle convention, par dérogation aux règles européennes, prévoit que les salariés de la Principauté habitant en France, peuvent travailler jusqu’à deux tiers de leur temps de travail hebdomadaire depuis leur domicile, tout en demeurant affiliés au régime monégasque de sécurité sociale. C’était tout l’enjeu de la renégociation et la condition nécessaire pour la réussite de ce nouveau mode de travail.


C’est un vecteur de croissance pour la Principauté ?


Je croyais également à titre personnel à l’impérieuse nécessité de créer un cadre favorable au développement de cette nouvelle méthode de travail, en phase aussi bien avec l’évolution des mentalités que les progrès technologiques. La transition numérique a accéléré le phénomène, tout comme l’éloignement de plus en plus grand entre le domicile et le lieu de travail. J’y croyais d’autant plus que pour que nos systèmes de retraite soient équilibrés dans les prochaines décennies, Monaco doit s’appuyer sur une forte crois-sance du nombre de ses salariés et donc du nombre de cotisants aux caisses sociales. Or, vu l’exiguïté de notre territoire, le développement du télétravail depuis le domicile des salariés représente une solution indispensable pour limiter le besoin en surfaces de bureau. Cela permet, avec la même surface de bureau, de pouvoir accueillir jusqu’à trois fois plus de collaborateurs.
Il ne faut pas non plus oublier les conséquences positives sur les problèmes de mobilité, dans la mesure où chaque jour télétravaillé évite des déplacements au salarié, et donc limite la pollution induite par les transports.


Pour rendre possible ce télétravail, il fallait en outre voter une loi spécifique. Le 18 mars 2014 fut ainsi signé l’avenant n°6 à la convention bilatérale de sécurité sociale. La loi n°1429 relative au télétravail fut, elle, votée le 4 juillet 2016. Après mon départ du Gouvernement, une nouvelle convention du même type a été signée en 2021 avec l’Italie.


Vous souhaitez le voir introduit aujourd’hui dans la réforme du statut des fonctionnaires ?


Dans le projet de loi n° 895 modifiant la loi n° 975 du 12 juillet 1975 portant statut des fonctionnaires de l’Etat, à l’étude au Conseil Na-tional, nous avons à cœur avec le Président de la Commission des Intérêts Sociaux et des Affaires Diverses, que les fonctionnaires, au même titre que les salariés du privé, puissent bénéficier du télétravail. Aussi, le Conseil National a amendé ce projet de loi en ce sens. De plus, dans la période récente, la crise de la COVID a démontré à quel point ce dispositif pouvait être utile. Notre objectif est de voter ce projet de loi, qui comporte de nombreuses autres avancées, avant la fin de l’année.


En 2016, les autorités s’attendaient à compter dans les années qui viennent entre 7 000 et 10 000 télétravailleurs. On a atteint ce chiffre avec la crise de la Covid mais pour l’heure, on en est loin. Quand pensez-vous atteindre cet objectif ?


L’objectif n’est pas d’aller trop vite. La mise en place du télétravail doit être progressive. Ce n’est d’ailleurs pas une décision que l’Etat peut prendre à la place des employeurs et des actifs concernés. La crise de la Covid nous a en effet démontré qu’une progression trop brutale du nombre de télétravailleurs est préjudiciable à l’activité commerciale et aux restaurateurs. Le but doit être d’augmenter chaque année le nombre de télétravailleurs proportionnellement à celui de l’augmentation du nombre total des actifs en Principauté.
Ainsi, Monaco pourra compter toujours plus d’actifs, sans augmenter d’autant chaque jour le nombre de pendulaires sur son territoire. Je rappelle que la croissance moyenne des salariés en année normale est de l’ordre de 1 500. Selon moi, l’augmentation annuelle du nombre de télétravailleurs devrait être proportionnelle à cette croissance.


Selon vous, les mentalités des employeurs, plutôt réfractaires à ce type d’organisation, ont-elles réellement changé avec la Covid ?

Je suis convaincu que la crise de la Covid, qui a conduit à rendre obligatoire le télétravail sur tous les postes le permettant, a considérablement fait progresser les mentalités en faveur de ce dispositif. Rappelons que jusqu’à près de 20 000 actifs y ont eu recours. De nombreux employeurs et actifs qui y étaient réticents, ont changé d’opinion en y ayant recours. Pour les salariés, c’est un plus, puisqu’ils peuvent utiliser le temps des transports pour leurs loisirs et leur vie familiale. Pour les employeurs, ils peuvent limiter leurs besoins en surfaces immobilières, et donc leurs dépenses. De très nombreuses études en France et en Europe, démontrent en outre que le télétra-vail renforce pour une majorité le sentiment de bien-être et permet d’accroître leur productivité.

Propos recueillis par Milena Radoman

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