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Evenement Monaco Yacht Show

MONACO YACHT SHOW : « 95% des chantiers navals de superyachts participent au Monaco Yacht Show »

Pour sa Directrice Générale Gaëlle Tallarida, le Monaco Yacht Show, créé en 1991, est « une occasion unique au monde de voir en quatre jours toutes les nouveautés du secteur de la grande plaisance, notamment avec les 40 à 50 bateaux lancés en première mondiale ».

Quelle est la genèse du Monaco Yacht Show ?
Au départ, en 1991, l’idée était de créer une rencontre pour le brokerage et la vente de bateaux parce que c’était déjà un secteur ultra-représenté dans la région, le plus implanté à Monaco. Puis, quand la société organisatrice a arrêté son salon niçois dédié aux équipementiers et chantiers, le Monaco Yacht Show (MYS) a récupéré ce secteur en 2000. Depuis, le salon a grossi progressivement, passant de 60 à 600 exposants juste avant l’épidémie de Covid…

La filière des constructeurs est très présente ?
Les chantiers hollandais, qui sont les leaders du marché, ont été les premiers à venir à Monaco. Aujourd’hui, probablement 95% des chantiers navals de super yachts (24m et plus) participent au MYS grâce à la capacité de la digue d’accueillir les bateaux mesurant jusqu’à 125 m ! Les yachts plus grands – ou que les propriétaires ne souhaitent pas montrer au port – restent au large…

Vous accueillez aujourd’hui près de 530 exposants concentrant tous les secteurs du yacht et du superyacht de luxe : la construction navale, la remise en état, des sociétés de prestations de services, et des courtiers maritimes. Savez-vous combien de transactions ont lieu durant le salon ?
Malheureusement non, c’est mission impossible. Une vente de bateaux est rarement conclue en quelques heures durant les quatre jours du MYS. Les enjeux financiers sont tels que la vente est dévoilée quand tout est terminé… C’est la raison principale de l’absence de chiffre. Mais nous avons des informations qui nous confirment que les bateaux se vendent bien grâce au salon, sans connaître pour autant le lieu de la transaction. Pour moi la meilleure donnée, qui confirme la valeur de l’événement et sa place de marché unique au monde, c’est le taux de renouvellement des exposants qui dépasse 85% ! Ils ne reviennent pas au MYS pour nous faire plaisir (sourire).
Venir au MYS, c’est une occasion unique au monde de voir en quatre jours toutes les nouveautés du secteur de la grande plaisance – notamment les 40 à 50 bateaux qui sont lancés en première mondiale. C’est ce qui fait la force de l’événement.
Au fil du temps, nous avons réussi à mettre en valeur les exposants sur le salon, en thématisant les espaces pour découvrir les nouveaux bateaux, les accessoires, la décoration intérieure, les produits tech-niques pour la construction d’un bateau, etc., et offrir une expérience de visite fluide.

Le nombre de visiteurs a baissé ?
Le salon était victime de son succès. On est monté à 33 000 visiteurs !

Or il était important pour les exposants d’accueillir leurs clients privés dans des conditions plus confortables. C’est pourquoi notre stratégie post-Covid s’est axée sur l’optimisation de tout ce qu’on a mis en œuvre depuis des années. Nous avons passé un cap supérieur. Nous avons décidé volontairement de redescendre à 25 000 visiteurs, proposer des packages plus complets pour une clientèle présélectionnée, créer une journée où la zone portuaire n’est accessible qu’aux 10 000 clients privés et aux exposants. L’industrie souhaitait moins de B to B, plus de B to C. Il s’agit de mettre en relation les exposants avec les bons visiteurs.

Comment sélectionner ces « bons visiteurs » ?
L’objectif est d’aider nos exposants à trouver des acheteurs, de leur mâcher le travail en leur présentant des clients potentiels. Une collaboratrice du MYS s’occupe exclusivement de ces clients, voit avec eux ce qu’ils désirent, quel type de bateau les intéresse, etc, pour ensuite les accompagner à organiser leur visite complète du salon. De la prise de rendez-vous pour visiter les bateaux ciblés à la montée à bord pour des cocktails privés organisés par les brokers…
Nous sommes de véritables intermédiaires, mais nous sommes neutres. A aucun moment le MYS ne touche de commission sur la vente. Notre force est d’avoir créé cette place de marché. Si on jouait un rôle commercial, on compromettrait la déontologie d’un organisateur d’événements. C’est notre business model.

Comment les approchez-vous ?
Nous allons chercher les clients finaux là où ils se trouvent, lors de nombreux voyages. Le vivier de clients, c’est le marché américain et britannique. Nous connaissons les lieux de rencontre où les hommes d’affaire font du networking très qualifié. Nous collaborons avec de grands hôtels, comme le St Regis à New York. Nous figurons parmi les évènements à ne pas manquer pour les grandes fortunes, selon le magazine Forbes.

Ils viennent réseauter ?
Venir au MYS, cela signifie rencontrer ses pairs dans un pays qui est sécure, attractif, avec de nombreuses opportunités de business et de réseautage (cocktails, soirées)… Vous avez des milliardaires qui parlent à des milliardaires. Cela fait partie de mon argumentaire et ça fait vraiment mouche. Après, certaines personnalités sont arrivées au MYS sans bateau et sont reparties avec (sourire). Je connais même un client qui a carrément acheté un chantier naval pour faire construire le bateau dont il rêvait !

Les premières mondiales font-elles le buzz ? Est-ce un facteur d’attractivité ?
Oui, bien sûr ces premières boostent la réputation du salon en terme médiatique, mais ce qui compte, c’est la valeur intrinsèque de l’évène-ment. C’est elle qui fait venir les bons clients intéressés par l’acquisition d’un yacht et séduit les exposants en quête de bons clients. C’est un cercle vertueux.

Le MYS abrite une centaine de Yachts allant jusqu’à plus de 100 m. Quel est le profil des acquéreurs ?
Globalement, les propriétaires de bateau sont majoritairement des hommes d’affaires, à la tête de très grosses entreprises, très peu de femmes. La tranche d’âge s’est élargie. Quand j’ai commencé dans le secteur, un propriétaire de bateau en moyenne avait entre 50 et 70 ans. Aujourd’hui, on a encore bien évidemment ces profils, mais il existe de plus en plus de propriétaires de 35-40 ans. Je pense que c’est dû notamment au développement de nouvelles entreprises liées au digital. Dans l’économie numérique, les entrepreneurs développent des fortunes colossales rapidement.

Les clients sont-ils aujourd’hui davantage intéressés par les motoryachts ou les voiliers, plus écolos ?
C’est une nouvelle tendance marquante. Certes, cela ne concerne pas 100% des acquéreurs, mais ces demandes nouvelles concernent aussi bien les motoryachts que les voiliers (qui représentent 15% du secteur). Il y a, depuis deux ou trois ans, de plus en plus d’intérêt pour les catamarans et une très forte demande pour des bateaux construits de manière plus vertueuse, avec des motorisations hybrides. L’industrie du yachting a dû suivre et s’est lancée dans la recherche & développement. Pour elle, ce n’est pas une option, c’est vraiment une obligation. Au MYS, nous mettons en lumière ces technologies durables visant à réduire l’impact environnemental des superyachts. Nous avons créé un espace, le Sustainability Hub, où les exposants sont sélectionnés en partenariat avec la Water Revolution Foundation, selon un cahier des charges strict. Pas question de faire du greenwashing.

Quelles nouveautés « green » seront présentées cette année ?

Une vingtaine de sociétés sont présentes sur ce pavillon et présentent un panel des technologies existant sur le marché. Cette année, il y aura par exemple le Hybrid MY 77’ de Fabiani Yacht (en cours de construction), qui intègre une solution durable innovante, récemment brevetée : des panneaux photovoltaïques rétractables qui stockent l’énergie solaire dans des batteries. Ou encore des produits de nettoyage écologiques et biodégradables pour les yachts Eazy Green, fabriqués à partir de matières premières végétales sans colorant, conservateurs, EDTA ni phosphate.

Quelles sont les autres tendances du marché de la grande plaisance ?

Les jouets et les accessoires ! Cela va avec l’âge des propriétaires. On a regroupé ces équipements, activités et services pour profiter de nouvelles expériences à vivre en yacht dans une zone baptisée Adventure Area : annexes sportives ou pour des balades en journée, véhicules de luxe et tout-terrain, jouets nautiques, gadgets high-tech, hélicoptères ou programmes d’excursion vers les destinations les plus exotiques et isolées de la planète… Le yacht permet de naviguer mais aussi de partir à l’aventure, de vivre des sensations fortes. On expose une cinquantaine de tenders très innovants, de plus en plus électriques.

Le MYS est le deuxième événement monégasque en termes de retombées économiques après le Grand Prix de Formule 1… Quels sont les chiffres ? Combien ça coûte d’organiser un tel salon chaque année ? Combien ça rapporte y compris en TVA ?
Je n’ai pas de chiffres officiels. Tout ce que je sais c’est que les hôtels et les restaurants sont pleins pendant le salon, les boutiques se font dévaliser. Les coiffeurs, les fleuristes… tout le monde travaille à fond pendant le MYS. Dans le Carré d’Or, dans n’importe quelle enseigne de produits de luxe, la semaine du MYS comme du Grand prix, personne ne part en vacances ! Ce n’est pas par hasard. C’est une force de frappe économique colossale et médiatique.

Par Milena RADOMAN

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