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ECONOMY
Nécessité d’une solidarité financière européenne
par Paolo di Gaeta
Des carnets de commande demeurant bien étoffés dans les entreprises, des coûts du pétrole et
des matières premières sur le recul, une inflation désormais contenue autour de 2%, des bourses
plutôt sereines : la rentrée économique s’annonce raisonnablement bien en Occident malgré la
persistance des conflits au Proche Orient et entre la Russie et l’Ukraine.
Néanmoins, les analystes et autres prévisionnistes abondent pour n’est que très peu endettée. Il convient donc que ses membres en
affirmer que le niveau d’endettement étatique des pays du flanc difficulté puissent souscrire par son biais, des emprunts obligataires
sud de l’Union européenne (notamment Italie, France, Espagne, de très longue durée dont les recettes contribuent, à la fois à
Grèce (avec des niveaux d’engagement au-delà des 100% du PIB) a rembourser progressivement les anciennes dettes tout en assurant
désormais atteint un tel point que si d’urgentes mesures drastiques les flux financiers assurant des investissements, strictement fléchés à
d’assainissement ne sont pas prises au sein de ces derniers, la l’avance afin que la confiance des marchés soit garantie, nécessaires
catastrophe financière d’abord (incluant une désintégration de la dans des activités économiques porteuses et profitables».
monnaie unique), économique ensuite, est inévitable car les prêteurs, Mais cette solidarité européenne existe-t-elle potentiellement parmi les
ayant perdu toute confiance dans leurs emprunteurs, n’accorderont membres du Nord de l’Union lesquels n’éprouvent pas de problèmes
plus de crédits et donc l’activité s’effondrera. d’endettement public ?
Bref, selon ces spécialistes, les états concernés n’ont d’autre choix « Pour ne prendre que le cas de l’Allemagne, elle a évidemment
que de se mettre à une diète sévère, avec ce que cela signifie de besoin de pouvoir continuer à vendre ses voitures et ses machines-
privations et de renoncements pour leurs habitants, s’ils ne veulent outils à la France ou l’Italie. On ne peut pas réaliser d’affaires avec
pas sombrer dans le coma… des partenaires ruinés » répond Paolo Di Gaeta. « Dans un marché
Tel n’est absolument pas l’avis de Paolo Di Gaeta, spécialiste des ouvert, les débiteurs et les créanciers ont un intérêt commun à ce
questions de finances internationales. que rien n’explose... »
Ne pas recommencer les mêmes erreurs
« La seule logique comptable ne peut suffire pour diriger des
démocraties avancées » affirme-t-il. « Ce n’est qu’au service du bien-
être des populations que leurs gouvernements peuvent gérer pour
être considérés comme légitimes et durer. D’ailleurs, les peuples
n’accepteraient pas une seconde fois les lourdes mesures d’austérité
prises entre 2009 et 2011 pour remédier à la crise financière de l’époque
et consécutive à l’éclatement du phénomène des « subprimes » en
Amérique du Nord. Des décisions comme des hausses d’impôts, des
réductions des pensions de retraite et d’allocations sociales, des
diminutions des moyens alloués aux services publics (transports,
santé, enseignement, justice, etc.). Des décisions qui, si elles ont,
certes, rétabli un tant soit peu les trésoreries des États, ont pour
autant plongé ces derniers, par manque d’investissements consentis,
dans la stagnation, voire la récession, avec ce que cela génère
comme chômage de masse, exil à l’étranger des jeunes diplômés,
appauvrissement et montée des violences urbaines. Il a fallu au moins
sept ans pour que les économies des pays membres de l’UE les plus
touchés sortent de ce bourbier et repartent de l’avant. Il ne faut donc
surtout pas, alors que la conjoncture économique internationale est
plutôt bien orientée, recommencer la même erreur qui consiste à
prendre un remède qui soigne en surface mais met en péril l’organisme
interne. D’ailleurs, encore une fois, la montée en flèche, à travers
tout l’occident, des scores, dans les urnes des partis populistes de
droite ou de gauche, lesquels prospèrent sur la peur qu’éprouvent
les électeurs face à la perspective d’un retour à la rigueur, démontre
qu’une volonté d’austérité par les gouvernements pourrait conduire
à un chaos social et politique ».
Cela étant posé, comment alors réduire les endettements publics
tout en préservant l’activité et la qualité de vie ?
« La voie de sortie est européenne » assure Paolo Di Gaeta. « L’Union
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