Selon Jean-Christophe Caffet, chef économiste de la Coface invité par le Monaco Economic Board (MEB), l’économie mondiale s’oriente vers une stabilisation malgré le chaos actuel.
Politique monétaire restrictive des banques centrales, désorganisation des chaînes de valeur, tensions géopolitiques croissantes…. Actuellement, l’incertitude domine et impacte les perspectives économiques mondiales, obligeant les entreprises à naviguer en eaux troubles. Invité par le Monaco Economic Board (MEB), Jean-Christophe Caffet a dressé, devant 80 décideurs de la place, un tableau lucide de la volatilité déclenchée par l’élection de Donald Trump. Comparant cette situation à un “rhinocéros gris”, un événement à la fois probable et disruptif que l’on a tendance à ne pas vouloir voir venir, et qui nécessite donc une vigilance constante et accrue.
Si la Coface mise sur une stabilisation de la croissance mondiale à environ 2,7 %, le chef économiste alerte sur le risque lié à la politique économique menée par la présidence Trump 2. Ces réformes de baisses d’impôts massives, de hausse des droits de douane et de dérégulation, en particulier dans les secteurs de l’énergie et de la finance posent des risques à moyen et long terme, notamment en matière de dette publique. Les mesures protectionnistes et les hausses de tarifs douaniers annoncées pourraient en effet compliquer les exportations chinoises et, par rebond, renforcer la concurrence sur les marchés asiatiques et européens.
Jean-Christophe Caffet met donc en garde contre une désinflation laborieuse, particulièrement en Europe, où les marges des entreprises sont sous pression. Les prévisions pour la zone euro restent en effet incertaines, avec une croissance estimée à seulement 1 % pour 2025. La productivité est en berne et les défaillances d’entreprises augmentent, notamment en France et en Italie, en raison de la baisse des marges. L’industrie européenne traverse une mauvaise passe, surtout dans le secteur automobile, en raison d’une baisse de la demande et de la transition difficile vers l’électrique.
En revanche, selon les prévisions de la Coface, l’Afrique, certes minée par des difficultés structurelles, reste un marché porteur pour les investisseurs avisés, surtout en Côte d’Ivoire, en Afrique du Sud et au Maroc, ce que confirment le Baromètre risques pays et sectoriels 2025 de la Coface.
Petite touche d’optimisme : Jean-Christophe Caffet note une prise de conscience de l’urgence à se réformer, insufflée par le rapport Draghi, et « un changement de doctrine économique qui se base sur le consommateur plutôt que sur le producteur. Une évolution qui, selon lui, va dans le bon sens », note le MEB, dans un communiqué.
*en partenariat avec Gramaglia Assurances et la Banque Populaire Méditerranée.
Crédits photo : MEB / P.H. Sébastien Darrasse