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Rémunération : des rémunérations majorées sur 39h

À Monaco, le salaire net est souvent plus élevé qu’en France en raison de cotisations sociales plus faibles. La durée légale du travail y est de 39 heures par semaine, contre 35 dans l’Hexagone.

A Monaco, « Pour certains postes – d’assistant personnel bilingue par exemple -, nous constatons des rémunérations de 15 à 30% supérieures à celles pratiquées en France », explique Mehdi Betiche, manager au cabinet Hays de Nice, étude à l’appui. Dans l’opus 2023 de son étude sur les rémunérations à Monaco, le cabinet de recrutement spécialisé Hays (13 400 collaborateurs dans 32 pays) montre que les tendances sont à la hausse en matière de salaire.

 « Parmi les secteurs les plus performants en 2023, le BTP et l’Immobilier tirent particulièrement leur épingle du jeu, ainsi que l’Assurance. Le secteur de la Tech, affiche, quant à lui, une nouvelle hausse des salaires. Les besoins en digitalisation des métiers engendrent logiquement une hausse des rémunérations sur ce type de postes », commente le recruteur selon qui les candidats sont attentifs aux avantages sociaux. « En France, un salarié cotisera à hauteur de 23% pour les non cadres et entre 25 et 26% pour les cadres alors qu’à Monaco, le taux de charges salariales varie de 13% à 15% quel que soit son statut. La caisse de retraite monégasque est plus compétitive que le système de retraite français. Si on veut faire carrière en Principauté, l’ouverture des droits à la retraite monégasque à partir de 10 ans d’activité constitue une singularité intéressante. Enfin, tous les chefs de foyer peuvent bénéficier d’allocations familiales sans conditions de revenus. Les allocations mensuelles nettes d’impôts peuvent aller jusqu’à 600 euros, c’est un avantage concurrentiel non négligeable ! », ajoute Mehdi Betiche, selon qui l’écart avec la France se réduit néanmoins par rapport à il y a 10 ou 15 ans. « Le salaire en lui-même n’est plus le seul atout que les candidats prennent en compte. Ceux-ci étudient tout autant les frais annexes mais encore le temps de trajet pour se rendre sur leur lieu de travail et cela crée donc une certaine dissonance entre les salaires proposés et leurs attentes. » Un constat opéré également sur le terrain par les syndicats : « A Monaco on fait 39h et non 35h. Cela représente 8 jours par mois en plus si l’on compte ces 4h supplémentaires et 1h30 de transport par jour en moyenne. Les loyers des communes limitrophes sont tellement élevés qu’il est très compliqué de s’y loger… Le Covid a fait prendre conscience de l’importance de passer du temps en famille. Certains préfèrent gagner moins pour vivre mieux » estiment Cédrick Lanari et Jean-Luc Cloupet de la F2SM, qui jugent nécessaire un coup de pouce compte tenu de l’inflation.  « Seule la SBM a indexé les salaires sur l’inflation française indice INSEE hors tabac. » Du côté de l’USM, on milite pour un salaire progressif lié à l’inflation : « Avec la période inflationniste que nous traversons (5,2% pour 2022, 5,1% de mai 2022 à mai 2023) les salaires médians à Monaco ne suivent pas cette inflation. D’ailleurs ce sont les cadres qui subissent la plus grande érosion de leur pouvoir d’achat en ce moment. Cette échelle mobile des salaires ne serait que justice sociale dans un pays riche comme Monaco. N’oublions pas que la moyenne de la richesse créée par salarié avoisine les 125 000 euros (PIB par salari).»

Une « prime du Prince » de 5%

A Monaco, le SMIC horaire a été revalorisé comme en France le 1er mai 2023 de 2,2%, passant à 11,52 euros de l’heure. Soit à 1 946,88 € brut par mois pour 39 heures hebdomadaires (169 heures par mois). A noter que les rémunérations minimales doivent être majorées d’une indemnité exceptionnelle de 5 %. Cette « prime du Prince » est « obligatoire et non soumise à cotisations sociales, lorsque les rémunérations sur lesquelles elle se calcule sont égales aux minima tels que définis par la Loi sur les salaires », rappellent les Caisses Sociales et peuvent représenter jusqu’à 50% du salaire fixe pour certains métiers.

Miléna Radoman

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