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Année - Monaco Economie

2023 : une année anticipée…

Malgré un contexte pesant avec une guerre persistante en Ukraine et une inflation angoissante, Paolo Di Gaeta, spécialiste des questions de finances internationales, estime que les économies occidentales sont préparées à surmonter les épreuves.

A coup sûr, nous avons connu des conjonctures plus réjouissantes pour échanger des vœux pour la nouvelle année.

2023 s’ouvre avec une guerre, de haute intensité et n’épargnant pas les civils, qui se poursuit entre Kiev et Moscou, laquelle continue donc à alimenter une inflation, désormais généralisée, provoquée initialement par la flambée des prix de l’énergie et des matières premières consécutive au déclenchement du conflit. Pour compléter l’euphorie ambiante, il faut, bien évidemment, ajouter des risques de crises, sociales et politiques, majeures en Méditerranée du Sud et dans certains états d’ Afrique noire en raison des menaces planant sur le libre commerce des céréales et autres produits alimentaires originaires d’Ukraine et de Russie, très grands fournisseurs en la matière pour cette partie du monde.

Ces perspectives tempétueuses conduisent forcément nombre de prévisionnistes à annoncer des temps de stagnation, voire de récession pour l’Europe occidentale – synonymes de poussée du chômage et baisse du pouvoir d’achat des consommateurs – parce que celle-ci est trop dépendante pour son approvisionnement en ressources énergétiques et en minerais de toutes sortes.

Des contre-mesures efficaces

Paolo Di Gaeta, spécialiste des questions de finances internationales résidant à Monaco, ne se range pas dans ce camp des déclinistes et fonde son approche optimiste des temps à venir sur des paramètres actuels bien tangibles.

« Bien sûr la conjoncture est lourde mais les pays occidentaux, tout en parvenant à faire le gros dos durant 2022, ont su prendre leurs dispositions pour faire front sur le terme » explique-t-il. « Concernant la poussée inflationniste tout d’abord, la Banque Centrale Européenne continue à faire montre de sagesse en limitant la hausse du taux d’intérêt de base autour de 2 %. Une modération qui, certes, ne peut éteindre rapidement l’inflation mais qui, en revanche, a l’immense mérite de continuer  à permettre aux États, aux entreprises ainsi qu’aux particuliers d’ emprunter à des taux supportables pour assumer leurs investissements et ainsi pérenniser l’activité économique. Par ailleurs, autre constat rassurant concernant cette fois, la sécurisation de l’approvisionnement en ressources énergétiques : durant 2022, l’Union Européenne a su trouver d’autres fournisseurs et passer d’autres contrats afin de ne pas passer sous les fourches caudines de Moscou. C’est ainsi, et on ne le dit pas assez, qu’actuellement l’UE est d’ores et déjà assurée de disposer de 93 % de ses besoins en gaz pour 2023 ! Même réactivité sur le front du pétrole à travers des contrats complémentaires avec des producteurs autres que la Russie voire avec des retours  sur le marché, déjà actés ou au moins prévus, de fournisseurs pourtant frappés d’interdit depuis longtemps à l’exemple du Vénézuela vis à vis duquel les Etats-Unis viennent de lever leur embargo sur son exportation de brut .

D’ailleurs, il faut souligner que le prix du baril est actuellement d’un montant inférieur à celui qu’il était au début de 2022, c’est à dire avant le début de l’offensive russe !

Cet ensemble de réactions des pays européens les met, je pense, à l’abri d’un point de rupture au cours de la présente année. D’autant que, il ne faut surtout pas l’oublier, l’économie américaine, qui a un effet entraînant sur l’Europe, demeure sur des bases solides et est en train de bénéficier de l’extraordinaire doping financier décrété par le gouvernement de Joe Biden ».

La force de la logique

Reste que, si l’économie occidentale peut résister à court terme, il risque ne pas en être de même sur une période plus longue : certaines « recettes » peuvent ne marcher qu’une seule fois…

« Il est vrai que la déstabilisation des prix et des échanges générée par ce conflit est forte et qu’en perdurant, celui-ci pourrait provoquer un « clash majeur », tant économique que politique» analyse Paolo Di Gaeta. « Mais c’est aussi pourquoi je crois à un apaisement inéluctable et proche : car personne en effet, absolument personne à travers la planète n’a rien à gagner d’un chaos. La Chine, premier atelier du monde, le sait mieux que quiconque et ses dirigeants l’ont déjà affirmé sur la scène internationale. On peut être certain que ses dirigeants œuvrent déjà à convaincre leurs homologues russes qu’il est grand temps que le calme revienne et qu’ils ont les moyens d’appuyer leur conviction auprès de leur partenaire mais néanmoins voisin… »

Paolo DI GAETA

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