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ZOOM
Utopies urbaines
par Milena Radoman
Monaco a inspiré de nombreux architectes, qui ont pensé des projets utopiques (d)étonnants.
sont composées de dodécaèdres. (…) Au centre de l’île, un lagon
permet d’accueillir les navires venant de la Principauté.»
De nombreux autres projets virent le jour au fil des décennies : La
Ville satellite et le Marinarium de Manfredi Nicoletti, à l’origine des
lignes du Marina Baie des Anges de Villeneuve-Loubet, Le Centre
de l’homme et de la mer de Jean Nouvel ou encore Public Park and
Residencies d’Emilio Ambasz.
Parmi les propositions avortées, on retiendra aussi les plans pour
« étendre l’extension » de Fontvieille de François Spoerry connu pour
sa cité lagunaire Port Grimaud, dans le Var. « Dans un contexte méfiant
à l’égard des grands gestes mais aussi dans un élan post-moderne,
Fontvieille II devait adopter, à l’instar de Port Grimaud, les contours
idéals d’une « Venise provençale ». Les plans ont malheureusement
© Manfredi Nicoletti, Photo : NMNM / Mauro Magliani & Barbara Piovan Gehry, Christian de Portzamparc, Rem Koolhaas, Daniel Libeskind,
souffert de la récession des années 90 », observe Jean-Philippe
Hugron. Et ce ne furent pas les seuls à subir le même sort. En 2007,
plusieurs « architectes-stars » dont certains prix Pritzker (Frank
Arata Isozaki, Norman Foster, Jacques Rougerie...) participent à un
concours international portant sur un nouveau quartier de 15 hectares
gagnés sur la mer. Des projets complètement fous balayés par la
crise financière de 2008.
*Monacopolis, Architecture, urbanisme et urbanisation à Monaco, réalisations et projets 1858-
Manfredi Nicoletti 2012. NMNM.
Fontvieille : Monaco, ville satellite, 1966 (projet non réalisé)
La galerie commerciale vue vers la mer, 16 juillet 1966
Crayon et feutre sur papier calque
Collection NMNM, n°2004.7.3, don de M. Manfredi Nicoletti
En 2013, avec Monacopolis, le Nouveau musée national de Monaco
mettait à l’honneur l’architecture et l’urbanisation de la Principauté,
en croisant des archives et des œuvres qui, pour certaines, n’avaient
parfois jamais été montrées avant...
Après la deuxième guerre mondiale, Monaco, devant faire face à la
saturation complète de son territoire, est parti en quête de solutions
nouvelles d’urbanisation. Parmi les propositions utopiques, on trouve,
à partir des années 60, La Venise monégasque, ville-pont suspendue
et transparente de Yona Friedman. Paul Maymont conçoit quant à
lui un projet d’extension baptisé Thalassa. « Pour permettre à la ville
de s’étendre, il imagine une ligne nouvelle sur l’horizon de la baie du
Larvotto : un atoll d’îlots artificiels en demi-cercles concentriques, © Manfredi Nicoletti, Photo : NMNM / Mauro Magliani & Barbara Piovan
qui repousse les limites », explique l’historienne de l’art Anne-Marie
Zucchelli . L’architecte a puisé son inspiration au Japon, où il vécut
*
et proposa pour la Baie de Tokyo la construction de mégastructures
légères en forme de pyramides flottant sur des caissons immergés...
Dans les années 1960 toujours, Edouard Albert conçut avec le
commandant Cousteau une « île artificielle » et un quartier marin,
« deux projets sans doute parmi les plus étonnants de sa carrière », Manfredi Nicoletti
selon l’historien de l’architecture Sébastien Cherruet . « La partie Fontvieille : Monaco, ville satellite, 1966 (projet non réalisé)
*
immergée prend la forme d’un pentagone inscrit dans un cercle de Mégastructure d’une colline artificielle
Maquette en carton et bois
200 mètres de diamètre. Au-dessus de l’eau, les parties habitables Collection NMNM, n°2004.7.5, don de M. Manfredi Nicoletti
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