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Vers la sobriété numérique ?
L’étude de l’ADEME met en évidence qu’un des enjeux environne-
mentaux majeurs du numérique, outre son empreinte carbone,
est la disponibilité des métaux stratégiques et autres ressources
utilisées pour la fabrication des terminaux (principalement télévi-
seurs, ordinateurs, box internet et smartphones mais aussi objets
connectés dont l’impact est grandissant). Un des leviers d’action
est la mise en œuvre de politiques de « sobriété numérique », qui
commencent par une interrogation sur l’ampleur du développement
de nouveaux produits ou services numériques et une réduction ou
stabilisation du nombre d’équipements. Lallongement de la durée de
’
vie des terminaux, en développant davantage le reconditionnement
et la réparation des équipements est un axe majeur de travail, tout
comme la sensibilisation des consommateurs à ces enjeux. De la
même manière, afin d’améliorer notamment l’efficacité énergétique,
l’écoconception doit être systématisée : pour les terminaux, mais
aussi pour l’ensemble des équipements (infrastructures de réseaux
et centres de données), ainsi que dans le cadre des modalités de
déploiement des réseaux et services numériques. La mise en œuvre
de l’ensemble de ces leviers permettrait de réduire l’empreinte
environnementale du numérique d’ici à 2030 : jusqu’à -16% pour
l’empreinte carbone par rapport à 2020.
Plusieurs mesures ont ainsi été adoptées au sein de l’administration
monégasque : mutualisation des imprimantes, dématérialisation
des bulletins de paie - et des courriers internes prochainement -,
signature du Pacte National pour la transition énergétique par tous
les agents et fonctionnaires, mise en place de filières de recyclage
dédiées. Suite aux analyses de cycle de vie dans l’Administration,
la durée de vie du parc informatique de l’État a été allongé à 5 ans.
« Cette simple mesure entraîne une réduction d’émission de CO de
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233 tonnes et d’extraction de ressources naturelles, soit l’équivalent
de 191 vols allers-retours Paris-New York et de 1 074 voitures ».
Suède, l’Islande, l’Australie, l’Estonie, les Pays-Bas, les États-Unis, le
Royaume-Uni, Singapour, les Émirats arabes unis, le Japon et Malte… https://publicadministration.un.org/egovkb/en-us/Data/Country-In-
avant Monaco, qui figure à la 73 place. formation/id/112-Monaco/dataYear/2018
e
Un numérique durable
Au-delà des infrastructures (accès et connectivité), les stratégies développement du numérique permet en partie de réduire d’autres im-
nationales s’accompagnent de plans d’action en matière de sécurité pacts environnementaux dans d’autres secteurs (mobilité par exemple),
numérique visant à soutenir la prospérité économique et sociale et les consommations qu’il engendrerait en électricité et en ressources
à susciter la confiance dans l’environnement numérique mais aussi posent de toute façon la question de leur faisabilité. Sera-t-il possible
la protection de la vie privée. En particulier, dans l’Union européenne, de produire autant d’électricité ou de consommer autant de matières
le RGPD, entré en application le 25 mai 2018, a établi de nouvelles premières dans un monde où les tensions s’accroissent ? » interroge
règles régissant la libre circulation des données à caractère personnel l’agence. Une question qui résonne aussi forcément place de la Visita-
relatives aux personnes concernées au sein de l’Union européenne. tion. « Toute la transformation n’a de sens que si elle est à la fois sobre
Autres tendances lourdes : un numérique résilient et inclusif mais sur- énergétiquement et au service du développement durable. Comme la
tout durable. Car l’impact environnemental du numérique ne cesse de sécurité intégrée « by design », l’approche environnementale doit être
croître. Responsable de 3 à 4 % des émissions totales de gaz à effet elle aussi intégrée dès la conception de chaque projet. Nous avons déjà
de serre dans le monde (selon les études), il génère énormément de des exemples concrets de cette politique. Les data center de Monaco
déchets et exige quantité de ressources non-renouvelables et d’eau Telecom fonctionnent déjà à énergie décarbonée et sont conçus de
douce. Les accords de Paris imposent d’en réduire l’impact. Rien qu’en façon écoresponsable, la centralisation rendue possible par la création
France, « à l’horizon 2030, si rien n’est fait pour réduire l’empreinte de notre cloud souverain permettrait de réduire entre 25 % et 50 % les
environnementale du numérique et que les usages continuent de pro- émissions de CO par rapport aux structures « on premise ». Monaco
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gresser au rythme actuel, le trafic de données serait multiplié par 6 et Cloud vise le « zéro carbone » à horizon 2025 », promet Frédéric Genta.
le nombre d’équipements serait supérieur de près de 65 % par rapport
à 2020, notamment du fait de l’essor des objets connectés », selon 1. Il en résulterait des augmentations, entre 2020 et 2030 :
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- de l’empreinte carbone du numérique en France : environ + 45% (pour atteindre 25 Mt CO 2 eq),
l’ADEME. Et cette empreinte pourrait tripler entre 2020 et 2050 ! « Si ce - de la consommation de ressources abiotiques (métaux et minéraux) : + 14 %,
- de la consommation électrique finale en phase d’usage : + 5 % (pour atteindre 54 TWh par an)
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