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SOLUTION





              I LE  : Comment protéger sa marque dans le Métavers?



               e nombreuses entreprises se lancent dans le Métavers qui, faute de réglementation propre,
              ressemble à un univers impito able   astasia  ermain Tourni re,  uriste en propriété intellectuelle
              che  Inlex Monaco, livre quelques clés pour protéger au mieux sa marque des abus.


              Les litiges qui opposent certaines grandes marques à des ar   geables, la classe 36 relative au transfert de fichier numériques
              tistes ou parfois à des personnes sans scrupules dans le  eb3   téléchargeables authentifiés par   T, et enfin la classe 41 relative
              commencent à se multiplier                             au divertissement jeux informatiques en ligne destinés à  tre utili-
              Dans le registre des droits des marque, nous pouvons citer plusieurs   sés dans des environnements virtuels.  éanmoins la rédaction du
              affaires qui impliquent des grandes marques, comme l’affaire   libellé d’activités doit se faire au cas par cas par un professionnel
              Metabirkins par exemple. Dans cette affaire, des   T dénommés   afin de couvrir au mieux l’ensemble des activités projetées par
              « Baby Birkin » ou encore « MetaBirkins », fortement inspirés du   l’entreprise, tout en étant assez précis pour éviter des refus de la
              célèbre sac de la maison  ermès, ont été créés et vendus par   part des  ffices de marque.
              un artiste, sans autorisation préalable.  ermès a donc engagé
              des poursuites judiciaires contre le créateur de ces   T devant   La réglementation actuelle monégasque et internationale s’ap
              le tribunal civil de  e   ork notamment pour contrefa on de la   plique t elle au métavers   u est ce un no man’s land
              marque « Birkin ». Pour l’artiste, les allégations d’ ermès sont   Parmi les nombreuses questions juridiques qui se posent (ou se
              infondées, puisque selon lui, il ne crée ni ne vends des faux sacs   poseront) en rapport avec le métavers et les   T, les questions
              Birkin, puisqu’il fait des  uvres d’art qui dépeignent des sacs Birkin   de propriété intellectuelle sont parmi les plus vastes et les plus
              imaginaires couverts de fourrure.                      importantes. Les réglementations actuelles donnent des pistes de
              En attendant que le débat soit tranché par le tribunal, nous pouvons   réflexion et des premières réponses, néanmoins, il est certain que
              nous demander comment les marques de luxe peuvent se prémunir   des adaptations et des réglementations complémentaires sont à
              contre ce type de situation.                           prévoir pour une meilleure sécurité juridique.


              La propriété intellectuelle d’une entreprise est elle protégée de   Les contrats liés aux   T sont ils des contrats comme les autres
              facto par un dép t                                     En cas de cession et vente de   T, à quels aspects contractuels
              Pour obtenir gain de cause dans une affaire telle que l’affaire Me-  faut il pr ter attention
              tabirkins, le plaignant, doit démontrer qu’il possède (1) une marque   C’est le cas typique pour lequel la réglementation classique peut
              valide ouvrant droit à une protection et (2) que le défendeur, a utilisé   s’appliquer. Au m me titre qu’un collectionneur ne détiendra pas
              la même marque ou une marque similaire dans le commerce en   de droits d’auteurs sur un tableau qu’il achète, la vente d’un   T
              relation avec la vente ou la publicité de produits ou de services,   associé à une  uvre tokénisée n’implique pas, par défaut, la
              sans son consentement.  ous devons d’abord rappeler que les   cession des droits d’auteur de l’artiste au profit de l’acheteur. Il
              marques obéissent au principe de spécialité, c’est-à-dire que la   convient ainsi de distinguer la vente du   T (considéré comme un
              protection conférée par un titre de marque n’est valable que pour   certificat d’authenticité) et la vente des droits d’auteurs associés à
              les produits et services qui sont désignés au moment du dépôt, et   l’ uvre. Il existe en effet une confusion auprès des collectionneurs
              peut s’étendre à des produits et services similaires à ces derniers.   de   T dans la mesure où le   T est associé à l’idée de rareté et
              Ainsi, les marques protégées pour des produits physiques (v -  d’unique, ainsi, en acquérant un   T, son détenteur imagine qu’il
              tements, parfums etc.) ne protègent pas nécessairement leurs   peut l’exploiter comme il le souhaite. Ce n’est toutefois pas le cas
              équivalents virtuels du fait de leur nature distincte. Il convient   puisque l’acquéreur d’un   T ne détient pas automatiquement les
              alors de protéger spécifiquement ces derniers.         droits d’auteurs associés à la création tokénisée.
                                                                     En cas de silence du contrat, l’acquéreur n’est réputé titulaire que
               uel est l’arsenal  uridique existant pour protéger les marques   du jeton, et non des droits attachés à l’ uvre. Ainsi, il n’est pas
              dans le métavers                                       en droit, par exemple, de commercialiser l’ uvre sur des objets
              De nombreuses entreprises se lancent à la conquête du monde   dérivés (ou autre support) à la suite de l’achat de son   T. Par
              virtuel et anticipent l’exploitation de leur marque dans le métavers   ailleurs, différents types de licence sont aujourd’hui utilisées sur
              ou sous forme de   T en redéposant leur marque avec un nouveau   les plateformes, comme la licence CC0, la licence commerciale
              libellé d’activités. Il convient selon nous d’anticiper au maximum ses   ou encore la « no licence ». Il apparait donc primordial de prévoir
              projets liés au métavers afin de protéger, au plus tôt, ses marques   par contrat la portée de la cession des droits d’auteur associés
              pour ce type de produits et services.                  aux  uvres tokénisées selon le projet de l’acheteur : autorisation
              Plusieurs classes de produits et services peuvent  tre concernées   de modifier une  uvre tokénisée par exemple, de la modifier, ou
              dans un projet lié au métavers, notamment la classe 9 relative au   encore sur le simple fait de pouvoir exposer l’ uvre tokénisée dans
              jetons non fongibles (  T), la classe 35 relative aux services de   le Métaverse, par exemple, qui reste une prérogative du créateur
              vente au détail en ligne proposant des produits virtuels téléchar-  en l’absence de disposition spécifique sur ce point.



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