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Monaco de demain

Comment voyez-vous Monaco dans 30 ans? C’est la question que Monaco Economie a posée à de nombreux acteurs de la Principauté pour évoquer les transformations qui se préparent sur le plan urbanistique, économique et numérique. Faites vos jeux…

A quoi ressemblera le monde en 2050 ? S’il est clairement compliqué de jouer les Madame Irma et de se projeter aussi loin, certains prévision-nistes ont passé le cap. Selon un rapport prospectif des Nations Unies, le nombre d’habitants sur Terre devrait frôler les 10 milliards (9,7 milliards). La Chine, l’Inde et le Nigeria devenant le nouveau top 3 des pays les plus peuplés au monde. D’ici là, la moitié de la croissance démographique mondiale devrait se concentrer dans seulement neuf pays : Inde, Nigéria, République démocratique du Congo, Pakistan, Éthiopie, République-Unie de Tanzanie, États-Unis d’Amérique, Ouganda et Indonésie.
Cette croissance démographique ne sera pas sans conséquences. 68 % de la population se concentrerait ainsi dans les zones urbaines (contre 55 % aujourd’hui). Et côté migrations, le réchauffement climatique pourrait avoir un lourd impact. Selon la Banque mondiale, il pourrait pousser 216 millions de personnes à migrer dans leur pays d’ici 2050… L’institution a identifi é les régions dont les habitants s’éloigneront en raison de la raréfaction des ressources en eau, de la baisse de la productivité agricole et de l’élévation du niveau de la mer et, de l’autre, les zones urbaines et rurales mieux loties et susceptibles d’offrir de nouveaux moyens de subsistance… Un rapport alarmant à la veille de la COP26 qui réunira les dirigeants de la planète en novembre à Glasgow et sera déterminante pour les générations futures.


Feuille de route
Et Monaco dans tout ça ? En 2020, dans sa feuille de route au Ministre d’Etat, Albert II a assigné trois principaux objectifs au gouvernement pour renforcer l’attractivité et la prospérité du pays : la poursuite d’un dévelop-pement le plus durable possible, de la sécurisation de la Principauté et enfi n, la mise en œuvre d’une politique de relance, axée notamment sur le numérique. Le chef d’Etat insiste sur « la mise en œuvre sans relâche de la transition énergétique de la Principauté dans le strict respect des objectifs fi xés : réduction des émissions de gaz à effet de serre à – 55% en 2030 et neutralité carbone en 2050. »
Suite à la crise du Covid, Jean Castellini s’est vu confi er la mission de réfléchir au Monaco de demain. « A la demande du Souverain, nous ré-fléchissons aux forces et faiblesses de notre modèle. Avec notamment des universitaires, nous avons pour mission de réfléchir au monde de demain, de la même manière que l’on avait établi un rapport sur la place fi nancière en 2006 avec Bain 􀀁 Company. L’axe de cet exercice d’introspec-tion post-Covid est : on est ce que l’on est. Veut-on, peut-on être le même demain ? », avait indiqué le conseiller-ministre des Finances à Monaco Economie. « Le monde de demain ne sera pas le monde d’hier. Il serait absurde de ne pas tirer de leçons, de rester dépendant d’un pays lointain, de ne pas relocaliser certaines activités prioritaires. La mondialisation de demain doit avoir un visage différent. Nous serons d’autant plus immunes à des crises futures et nous serons d’autant plus à même de générer de nouvelles recettes, que nous favoriserons cette production et cette consommation locale », avait observé le conseiller-ministre.


La société civile, force de proposition

Parmi les tendances, on sent déjà que la société civile représente un moteur pour penser l’avenir de la Principauté. Depuis 2011, le Conseil supérieur pour l’attractivité, qui réunit une cinquantaine de forces vives de la nation, envisage certaines pistes. Dans son dernier rapport, les différentes commissions ont par exemple axé leurs travaux sur certaines mesures techniques comme la fi scalité des trusts, la création d’un Cluster ART MONACO permettant de fédérer l’ensemble des acteurs de la « fi lière artistique » (musées, galeries, opéra, ballets, orchestre philarmonique…), la reconnaissance d’un « made in Monaco » pour doper l’artisanat monégasque ou encore la mise en place d’un droit de mouillage, contribution écologique adaptée à la taille des navires, fi nançant la mise en place d’actions de valorisation et de protection des fonds marins… Le CSA a été créé à la suite du rapport du groupe de réflexion Monaco 2029, une initiative du Conseil National. Aujourd’hui, un autre think tank occupe le devant de la scène : Monaco 2040. Son but est « de produire et de diffuser des idées et des solutions politiques, économiques et fi nancières innovantes et opérationnelles quant à l’avenir à long-terme de Monaco. » Parmi ses idées phares la création d’un régime de retraite des fonctionnaires complètement autonome et une révolution copernicienne du bas de laine monégasque, le Fonds de réserve constitutionnel (objectifs fi nanciers, prédominance des actifs liquides monétisables en cas de besoin, inscription de toutes les dé-penses dans la loi de budget, etc.). La société civile propose même des projets urbanistiques. A l’instar de l’association Ecopolis qui a imaginé une passerelle faisant le trait d’union entre le Yacht-club et la future extension en mer, afi n d’éviter de circuler à pied sous le tunnel Louis-II. En attendant de voir les concrétisations (ou pas) de ces idées, Mona-co Economie vous propose un panorama des chantiers de demain. Publics et privés.

 

Miléna RADOMAN

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