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Le monde des enchères s’adapte à la crise sanitaire

Digitalisation du secteur, ventes online, nouvelles tendances…

« Les ventes aux enchères ravivent une industrie artistique et culturelle perturbée par la crise du Covid-19 ». « Les maitres anciens battent des records ». « La collection personnelle de Cristo s’envole aux enchères ». « Record du monde aux enchères pour le « Lotus Bleu » de Tintin »… Il n’y a qu’à regarder la Une des médias pour voir que les ventes aux enchères ont le vent en poupe.

C’est bien simple, tout s’y arrache. Des oeuvres d’art numériques (en technologie blockchain), le premier tweet de l’histoire (2,5 millions de dollars !), des gadgets d’espionnage du KGB (tels un parapluie à la pointe empoisonnée, une fausse dent au cyanure, etc.), des sneakers (une paire d’Air Jordan portée par le Maître Mickael Jordan ou de Nike conçue pour Barack Obama), un pigeon voyageur (adjugé à un acheteur chinois à un prix record de 1,6 million d’euros) et même des objets nazis (retirés après leur signalement par un lanceur d’alerte)…

L’art contemporain pèse 2 milliards de dollars 

Certes, le monde de l’art a été impacté par la crise du Coronavirus, et les grandes maisons de vente aux enchères affichent un bilan de l’année 2020 en baisse. Soit – 25% des adjudications pour Christie’s au niveau mondial, – 24% pour Artcurial et -27% pour Sotheby’s. Mais grâce au repli sur les plateformes en ligne de la plupart des acheteurs, des ventes spectaculaires se sont produites, avec plus de 10 oeuvres écoulées à plus de 25 millions d’euros (voir encadré). Ces ventes ont donné la part belle à l’art contemporain, devenu depuis 20 ans « le moteur des ventes aux enchères », comme en témoigne le rapport Artprice. Selon le spécialiste du secteur, l’art contemporain pèse désormais 15 % des ventes aux enchères du « Fine Art », contre 3 % en 2000. Ce qui représente une croissance de +2.100% en 20 ans ! Soit près de 2 milliards de dollars, contre moins de 100 millions il y a 20 ans.

Parmi les autres tendances du moment, on observe un virage vers le luxe d’occasion. Selon une étude publiée en septembre 2020 par le Boston Consulting Group, ce marché vintage chic atteignait 21 milliards de dollars (17,2 milliards d’euros) en 2019. Les projections l’estimaient à 36 milliards de dollars en 2021.

« Le nom Monaco est très vendeur » 

Ces grandes tendances, on les retrouve en Principauté, devenue au fil du temps une place réputée pour les ventes aux enchères. « Même si New-York, Londres, Genève et Paris attirent beaucoup, Monaco fait rêver. C’est le constat unanime des clients. Le nom Monaco est très vendeur et permet de proposer de très belles ventes à des prix sans limites. La Principauté, est considéré comme LE lieu comptant parmi les plus belles pièces pour les collectionneurs privés. On y trouve les pièces automobiles, horlogères, et de haute joaillerie parmi les plus rares et inaccessibles du marché », observe ainsi l’avocat Me Jean- Charles Gardetto, qui compte des amateurs d’art, de joaillerie ou de grands vins parmi ses clients. « Sur ses 2 km2, Monaco concentre de nombreux résidents fortunés et familles princières/héritières, et attire également les plus grands collectionneurs à travers le monde. » La création d’un port franc en Principauté est un argument choc pour le marché de l’art : il permet le stockage et diverses prestations de service (manipulation, présentation, reconditionnement…) sans payer les droits de douane et les taxes exigibles. « Monaco est un carrefour, un écrin. Il existe une densité insoupçonnée de collections de toutes nature », confirme Franck Baille, cofondateur de la maison monégasque Hôtel de ventes Monte-Carlo.

La crise, un accélérateur de tendances 

Comme partout dans le monde, les acteurs des enchères monégasques se sont adaptés à un contexte inédit lié à la crise sanitaire. « Le Covid nous a forcé à innover, à être encore plus créatif, en somme à penser « outside the box ». Nous avons réalisé davantage de prospections, avons eu le temps d’appeler les clients pendant le confinement, effectué des expertises par Zoom ou WhatsApp », expliquent plusieurs experts. Le ménage de printemps durant le confinement a d’ailleurs créé quelques surprises. « Récemment, j’ai rendu visite à un couple de centenaires. Ils ont levé le matelas. Ils venaient de redécouvrir des bijoux magnifiques et des billets et des pièces en francs de l’époque, qu’ils avaient totalement oubliés durant des années… », raconte ainsi en souriant Louise Grether, directrice d’Artcurial Monaco.

Les maisons de vente monégasques ont surfé sur le temps passé par les gens à domicile, devant leurs écrans et proposé de nouveaux formats : des ventes en live sur internet, voire purement digitales. « Les clients ont eu davantage de temps, ils ne pouvaient guère voyager, se rendre dans les foires, les occasions de sociabilité se sont réduites », explique Mark Armstrong, chez Sotheby’s. En clair, la crise a dopé les envies. Et également rajeuni la clientèle, avec une croissance forte des acheteurs de moins de 40 ans. Ces dernières années, la clientèle s’était déjà féminisée. « Il y a encore quelques années, les ventes aux enchères visaient principalement les hommes. Il y avait peu d’objets dédiés à la femme. Même lorsqu’une vente pouvait porter sur de la haute joaillerie, c’était bien souvent les hommes qui faisaient le déplacement et qui enchérissaient… Désormais, ce sont des ventes entières qui sont dédiées à l’univers féminin comme le démontrent les ventes « Artcurial » intitulées « Le temps est féminin », ou encore les nombreuses ventes sur l’univers « Hermès » et ses célèbres sacs « Birkin » ou « Kelly » dont les montants peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros», note Me Jean-Charles Gardetto.

BONS PLANS AU PLUS OFFRANT ! 

Chaque année, l’Administration des domaines monégasque met aux enchères les véhicules abandonnés à la fourrière. L’offre minimale de départ est alléchante : 30 euros pour une voiture, 15 euros pour un scooter. Crise du coronavirus oblige, les enchères se déroulées uniquement par courrier cette année. Une fois par an, la Sûreté publique met en vente publique les objets perdus à la salle du Victoria. L’occasion d’acheter un téléphone portable ou un bijou à bon prix…

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