Jeux, hôtellerie, restauration : tous les moteurs de la Société des Bains de Mer sont au vert. Pour le moment.
« On disait que les casinos n’avaient pas d’avenir. Avec 20 % de progression moyenne et près de 30 % sur les jeux de table, le petit-fils et arrière-petit-fils de croupier que je suis à le sourire. » En une phrase, Stéphane Valeri a résumé l’exercice 2025-2026 de la Société des Bains de Mer, se réjouissant du retour en force des casinos.
La SBM n’avait jamais réalisé un tel exercice. Son chiffre d’affaires atteint 861,6 millions d’euros (+12 %), son résultat opérationnel grimpe à 86,6 millions d’euros (+16 %) et son bénéfice net s’élève à 112,9 millions d’euros. « La SBM ne s’est jamais aussi bien portée. Dans nos trois métiers, nous réalisons les meilleurs résultats que nous ayons jamais connus », se félicite le Président délégué. Y compris dans les jeux : « L’argent misé est en hausse de 15% ». Et ce alors que « Monaco est aujourd’hui le casino le plus surveillé d’Europe. Le contexte de “compliance” de plus en plus renforcé nous a amené à refuser des dizaines de millions d’euros de joueurs. Cela ne nous empêche pas de connaître cette croissance exceptionnelle. »
Americans first
Pour Stéphane Valeri, ce succès n’a rien d’un hasard. Depuis trois ans, la SBM cible une clientèle internationale à très fort pouvoir d’achat. Les États-Unis deviennent désormais le premier marché du Resort, devant le Moyen-Orient. Résultat : les mises des grands joueurs augmentent de 15 %, tandis que les hôtels profitent eux aussi de cette nouvelle clientèle.
Les investissements engagés dans les établissements commencent d’ailleurs à produire leurs effets. Grâce aux rénovations de l’Hôtel Hermitage et du Monte-Carlo Bay, le prix moyen d’une chambre atteint désormais 893 euros, tandis que la restauration poursuit sa montée en gamme avec le succès du salon de thé Cédric Grolet, du Marlow ou encore du Café de Paris, dont le chiffre d’affaires tutoie désormais les 30 millions d’euros.
L’immobilier affiche une progression plus mesurée (+4 %), non pas faute de demande, mais parce que le patrimoine est quasiment intégralement loué. « Tout est loué. Nous approchons les 100 % d’occupation. » Une situation qui pousse déjà le groupe à préparer une nouvelle génération de projets immobiliers, attendus dès 2027.
Courchevel et Dubaï retardés
Ces performances permettent surtout à la SBM de poursuivre son développement sans s’endetter. Avec près de 159 millions d’euros de trésorerie nette, le groupe finance lui-même ses rénovations, ses futurs programmes immobiliers et son implantation à Courchevel. L’ouverture du Monte-Carlo One Courchevel est prévue en décembre 2027.
Reste que cette année record ne fait pas disparaître les incertitudes. Si les premiers mois du nouvel exercice sont, selon Stéphane Valeri, « franchement très bons » et que le Grand Prix a confirmé la dynamique du groupe, plusieurs dossiers restent en suspens. Le projet de développement à Dubaï demeure à l’arrêt, dans l’attente d’un contexte plus favorable, tandis que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les incertitudes économiques mondiales pourraient peser sur une clientèle internationale devenue stratégique pour la SBM. « Pour le moment, on observe. Voyons ce qu’il va se passer dans les prochains mois. On ne va pas se précipiter maintenant pour investir à Dubaï… »
