Malgré un léger repli des prix, Monaco confirme en 2025 son statut de marché immobilier le plus cher au monde.
Le marché immobilier monégasque confirme en 2025 son statut hors norme. Avec un prix moyen atteignant 57 569 euros le mètre carré, la Principauté reste le territoire le plus cher au monde selon l’Observatoire de l’immobilier, malgré un léger recul de 1,4 % par rapport à 2024. Plus de 80 % des ventes concernent des appartements de quatre pièces ou plus, et le montant moyen d’une transaction dépasse pour la première fois les 40 millions d’euros, avec une moitié des ventes conclues au-delà de 21 millions. Certaines opérations dépassent même les 100 millions d’euros…
Des disparités de prix selon les quartiers
Le Larvotto conserve sa position de secteur le plus onéreux, franchissant la barre symbolique des 70 000 euros le mètre carré, à 71 167 euros en moyenne. Monte-Carlo, toujours très recherché, affiche également une progression notable, avec des prix avoisinant les 54 000 euros/m².
D’autres secteurs enregistrent aussi des hausses, comme Fontvieille et La Rousse, tandis que certains quartiers plus ”accessibles”, comme le Jardin Exotique, connaissent un léger repli. Les Moneghetti demeure ainsi le secteur le moins cher de la Principauté, tout en restant à des niveaux très élevés comparés aux standards internationaux.
Une activité soutenue mais des mutations profondes
Caractérisée par 493 transactions pour un volume global de 5,9 milliards d’euros, la structure du marché évolue. Les ventes de biens neufs enregistrent un recul marqué, avec seulement 64 transactions en 2025, soit une baisse de plus d’un tiers en un an. Ce repli s’explique en partie par un effet de calendrier, les livraisons importantes ayant été concentrées sur l’année 2024.
Parallèlement, les reventes connaissent un fort rebond. Elles atteignent 429 transactions, en hausse de 17,5 %, pour un montant record de 3,2 milliards d’euros. Cette dynamique est largement alimentée par des biens récents, notamment issus de programmes emblématiques comme Mareterra, rapidement remis sur le marché.
Un nouveau mode de calcul pour plus de transparence
Autre évolution notable : la méthodologie de calcul des prix a été revue afin de mieux refléter la réalité du marché. Désormais, l’indicateur intègre à la fois les ventes et les reventes, ainsi que l’ancienneté des biens. Cette approche vise à limiter les effets de distorsion liés à certaines transactions atypiques. Pour Pierre-André Chiappori, cette nouvelle méthode permet aussi de prendre en compte la période de construction. « On prend l’exemple du quartier A qui a plus d’anciens que le quartier B où les prix sont plus élevés. Est-ce que c’est dû à l’attractivité propre du quartier ou au fait qu’il y a plus de constructions neuves ? Ces deux considérations ne pouvaient pas être distinguées, mais c’est désormais le cas ».
Milena Radoman