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Bertrand Piccard : « Protéger l’océan est économiquement attractif »

1 600 solutions pour préserver l’environnement et l’océan. C’est ce qu’a identifié la Fondation Solar Impulse de Bertrand Piccard.

Le message de Bertrand Piccard est implacable. Pour attirer les investisseurs, « nous devons montrer que protéger l’océan et l’environnement, c’est économiquement attirant, que cela ouvre de nouvelles opportunités, que c’est une façon de créer des emplois et de développer le monde d’une manière harmonieuse », explique l’explorateur qui a créé la Fondation Solar Impulse lors de son tour du monde en avion solaire. « Nous avons identifié 1 600 solutions qui peuvent réconcilier écologie et économie et certaines d’entre elles profitent à l’océan. » Parmi ces solutions réunies dans un guide présenté lors du BEFF, il y a ECOncrete qui développe un matériau écologique pour créer des habitats sur les infrastructures côtières et marines (voir plus loin) ; mais aussi Innovafeed, une entreprise biotechnologique spécialisée dans l’élevage d’insectes à destination de l’alimentation animale et végétale, proposant des alternatives aux farines de poissons et huiles végétales utilisées pour l’alimentation piscicole et animale. Ou encore le Swac, acronyme de Sea Water Air Conditioning, ou climatisation à l’eau naturellement froide de la société Airaro. Faire du froid en puisant dans l’eau de mer : une solution qui résonne à Monaco, précurseur de la thalassothermie (voir p.XXX)… « Cette solution représente 93% moins d’énergie consommée et donc moins d’argent dépensé », estime Bertrand Piccard.

« C’est criminel de ne parler d’écologie qu’en apportant anxiété »

Le pilote de l’extrême a l’innovation dans le sang. « Mon grand-père (Auguste)* a inventé le bathyscaphe que mon père (Jacques) a utilisé pour toucher le fonds des mers à 11 000m de profondeur. Pourquoi était-ce si important ? Il ne s’agissait pas de briser un record mais de voir s’il y avait de la vie à une époque où les gouvernements voulaient lâcher leurs déchets radioactifs et toxiques. Mon père et son collègue Don Walsh ont vu des poissons et des crevettes. C’était la preuve que ces déchets pollueraient l’océan entier… Les gouvernements ont alors arrêté leur projet », rappelle Bertrand Piccard, convaincu que l’exploration scientifique permet de protéger l’environnement. Après avoir bouclé un tour du monde à bord du Solar Impulse, le célèbre aventurier compte d’ailleurs renouveler l’exploit en 2028 à bord d’un avion fonctionnant à hydrogène. Sans escale ni assistance. Baptisé « Climate Impulse », l’engin (37 mètres d’envergure, soit moitié moins que Solar Impulse) pourrait voler à près de 200 km/h à 3 000 m d’altitude. « On électronise l’eau en hydrogène pour faire ce que j’appelle le vol ultime… », s’enthousiasme-t-il.  « Le principal défi technologique consiste à construire un avion autour de deux réservoirs d’hydrogène liquide maintenus à -253°C, alimentant des moteurs électriques par l’intermédiaire de piles à combustible », comme le rappelle son associé Raphaël Dinelli, navigateur et ingénieur en composites.

Ce vol historique prévu en 2028, qui se veut un porte-drapeau pour l’action climatique, a pour objectif d’« explorer de nouvelles façons de penser » : « C’est criminel de ne parler d’écologie qu’en apportant anxiété aux jeunes générations et en leur disant qu’il n’y a pas de futur. La peur est parfois nécessaire pour agir, mais il faut aussi restaurer l’espoir et montrer que les solutions existent ! » martèle Bertrand Piccard.

*Il inventa aussi la capsule pressurisée pour explorer la stratosphère.

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