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L’État, premier employeur de la Principauté

Avec près de 5 400 fonctionnaires et agents fin 2025, la fonction publique monégasque s’impose comme un acteur majeur de l’emploi. Avec des défis à relever…

À l’heure où les administrations publiques européennes font face à des enjeux de transformation profonde, la fonction publique monégasque poursuit son développement.

Au 31 décembre 2025, la fonction publique monégasque compte 5 394 agents. Un effectif en légère progression, qui traduit une adaptation continue aux besoins de l’État. « La Fonction Publique monégasque est en phase d’expansion maîtrisée, avec une création moyenne d’une centaine de postes par an », souligne Christophe Orsini, Directeur des Ressources Humaines et de la Formation de la Fonction Publique. L’administration gouvernementale regroupe à elle seule plus de 4 000 agents, tandis que les entités périphériques – institutions, autorités indépendantes ou encore services judiciaires – connaissent une croissance plus marquée.

Un modèle fondé sur la stabilité… et la progression

Pilier du modèle monégasque, « la stabilité de l’emploi demeure un atout majeur de la Fonction Publique monégasque », rappelle Christophe Orsini. Toutefois, cette sécurité s’accompagne d’un système d’évolution structuré, mêlant mécanismes automatiques et reconnaissance du mérite. L’avancement classique intervient tous les trois ans, mais peut être accéléré en fonction de l’évaluation professionnelle et des performances individuelles. À cela s’ajoutent des possibilités de promotion interne, favorisant des parcours de carrière évolutifs.

La réforme statutaire entrée en vigueur en 2023 a par ailleurs permis d’harmoniser les droits entre fonctionnaires et agents contractuels, tout en maintenant le système de renouvellement des contrats d’agents (jusqu’au grade de chef de section : 1 an, 2 ans, 3 ans ; au-dessus :3 ans, 3 ans) « dans le strict respect de la priorité nationale ». Mais les agents peuvent enfin accéder à des contrats à durée indéterminée (ce n’était pas le cas formellement avant !).

La fonction publique monégasque mise sur la formation continue, avec près de 2 000 actions dispensées chaque année à environ 1 300 agents, pour un budget avoisinant les 2 millions d’euros.

Mobilité et passerelles : des carrières plus flexibles

Autre axe stratégique : la mobilité. Considérée comme « un droit fondamental et un levier stratégique », elle permet d’enrichir les parcours et d’optimiser l’adéquation entre profils et postes. Chaque année, plus d’une centaine de souhaits de mobilité sont exprimés. Par ailleurs, des passerelles existent entre secteur public et secteur privé, via des mécanismes tels que le détachement, la mise à disposition ou encore la disponibilité.

Une attractivité confirmée, malgré des tensions ciblées

Avec plus de 4 000 candidatures enregistrées en 2025 pour 366 recrutements, la fonction publique monégasque confirme son attractivité. Certains avis peuvent ainsi générer jusqu’à 80 candidatures…

Néanmoins, comme ailleurs, certaines compétences restent rares. Les besoins concernent notamment les profils administratifs (juristes, comptables), les métiers du numérique (ingénieurs, développeurs) ou encore les secteurs médico-sociaux et du bâtiment.

Les défis de demain : numérique, IA et retraite

À moyen terme, la fonction publique monégasque devra relever plusieurs défis structurants. Parmi eux, le déploiement d’un système d’information RH souverain, dont la mise en production est prévue à l’horizon 2028. « L’introduction de l’IA […] devra être conciliée avec notre ADN […] en conservant la proximité et la dimension humaine », souligne Christophe Orsini.

Autre défi majeur : le système de retraite. Dans son rapport public annuel de 2025, la Commission Supérieure des comptes (CSC) note une croissance rapide des pensions de retraite des fonctionnaires (supérieure à 10 % en trois ans). Or « les recettes constituées principalement des retenues pour retraite des fonctionnaires titulaires progressent faiblement (+ 1 % entre 2023 et 2024), alors même qu’elles ne couvrent que le dixième des dépenses (10,7 M€ en recettes pour 107,6 M€ en dépenses en 2024). Les retraites sont donc, chaque année, largement financées par le budget de l’État. Cette dépense va s’accroître car la hausse de l’effectif des retraités est constante : ils étaient 2 527 fin 2024 dont 406 bénéficiaires de pensions de réversion. De plus, un régime très favorable permet aux fonctionnaires de prendre leur retraite de façon précoce », note la CSC. L’anticipation s’applique aux hommes qui peuvent percevoir une pension de retraite à partir de 50 ans s’ils ont travaillé au moins pendant 15 ans, et aux femmes plus largement puisqu’elles peuvent percevoir une pension de retraite après 15 ans d’activité, à condition d’être mariées ou mères de famille, sans conditions d’âge… C’est pourquoi la Commission Supérieure des Comptes préconise « de réexaminer les incitations financières au départ anticipé à la retraite pour les fonctionnaires et plus largement de diligenter une étude prospective sur les conditions de départ à la retraite et le financement du dispositif, afin d’évaluer sa soutenabilité ».

Au 31 décembre 2025, la Fonction Publique comprend 5394 personnes : 45% de femmes, 55% d’hommes, ventilées ainsi :

  • Administration Gouvernementale : 4 008 +1,24% par rapport à 2024 :
  • Fonctionnaires de l’Etat : 1 734 (soit 43,3%) ; +0,17% par rapport à 2024,
  • Agents de l’Etat : 1 923 (soit 48%) : +2,83% par rapport à 2024,
  • Autres (militaires, diplomates, membres du clergé) : 351 (soit 8,7%) -1,96%.
  • Entités hors Administration Gouvernementale (Commissions, Assemblées, Corps Constitués, Autorités indépendantes, Direction des Services Judiciaires, Mairie, Palais etc.) : 1 386 +6,53% par rapport à 2024.

Milena Radoman

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