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DTC : « Le luxe reste l’ADN de la destination Monaco »
Propos recueillis par Milena Radoman
A la t te de la Direction du Tourisme, Guy Antognelli maintient le cap pour le tourisme du futur. Ses
mots d’ordre : luxe, innovation et contribution positive
L’avenir du tourisme à Monaco sera-t-il green et responsable ?
Bien évidemment, le tourisme sera responsable comme doit l’être toute
activité humaine. Il doit être surtout porteur d’une contribution positive pour
l’environnement mais aussi pour la société dans son ensemble - en étant
pourvoyeur d’emplois et en permettant la diffusion des cultures.
Monaco n’est pas une destination green dans le sens où un territoire urbanisé
ne sera jamais une destination nature… Le green est en revanche perceptible
dans toutes nos actions pour limiter les impacts négatifs du tourisme.
Le livre blanc du tourisme responsable à paraître sous peu donnera des
lignes stratégiques éco-responsables pour les 5 à 7 prochaines années.
Nous allons par exemple continuer à développer une gastronomie de très
haute qualité en favorisant le zéro déchet, les circuits courts, le recyclage,
la construction avec un impact carbone limité…
C’est du « covid-compliant clean tourism » ?
Aujourd’hui le client a bien assimilé les mesures sanitaires et les process mis
en place depuis la crise sanitaire (vaccin, masque, gestes barrières, etc.).
Mais il a surtout à nouveau envie de rêver ! Il choisira une destination pour
des raisons émotionnelles, et non plus uniquement pour son côté rationnel.
Le tourisme à Monaco sera toujours axé sur le luxe ?
Le tourisme individuel a repris tout de suite à Monaco et le luxe reste l’ADN
de la destination et fait la renommée de la Principauté. Monaco, ce n’est
pas du tourisme fast food !
L’avenir fera-t-il la part belle au tourisme technologique (enregistrement
et paiement sans contact, cartes d’hôtel virtuelles, réalité augmentée
au lieu d’un guide touristique, véhicules autonomes, robots nettoyeurs,
prise de température automatique ? Guy Antognelli, directeur de la DTC
Le Covid a été un accélérateur de toutes les mutations qui étaient là avant la
crise. Qu’il s’agisse des clés électroniques, des robots bagagistes ou récep- ou le premier restaurant 3 étoiles dans un hôtel, qui est né lorsque le Prince
tionnistes en charge du room-service dans des hôtels en Europe et en Asie… Rainier a fait venir Alain Ducasse en Principauté ! L’innovation n’est pas que
Ces gadgets peuvent plaire bien évidemment mais ils ne correspondent pas technologique, elle apporte de nouvelles expériences…
à notre vision de la qualité de service. Ce sont certainement des éléments
du futur mais je ne pense pas qu’ils se généralisent pour autant. Ce ne sont Comment voyagera-t-on dans 20 ans ?
pas des gadgets qui créent un appel à visiter une destination. En prenant le temps… On va sans doute moins voyager très loin pour de
courtes périodes, et pas uniquement pour des raisons environnementales.
Parmi les tendances voyages actuelles, il y a le purposeful travel qui Alors qu’on était plus dans la consommation, aujourd’hui le voyage va se
consiste à centrer son voyage sur des expériences qui ont du sens pour nourrir d’inspiration et de l’essence de l’expérience ! Depuis 20 ans, le tourisme
soi et un impact local ? est sans doute le secteur qui a connu les plus profonds changements avec
On peut avoir plusieurs raisons qui nous poussent à voyager : certains font l’arrivée des réseaux sociaux, des smartphones et de nouveaux acteurs
un voyage humanitaire, d’autres recherchent des établissements reconnus comme Expedia ou Airbnb. Il y aura d’autres mutations et la restructuration
pour leur label… Depuis que les Millenials ont l’âge de voyager, il existe aussi la du secteur ne fait que commencer. Les poids lourds de l’industrie du tou-
volonté de voyager pour se ressourcer, se dépasser, découvrir des cultures… risme ne vont pas disparaître mais ils vont s’associer avec les destinations
Monaco est une très belle destination pour se ressourcer dans un spa, comme le fait par exemple aujourd’hui Airbnb avec Paris. Je crois par ailleurs
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découvrir des lieux de culture, profiter de la gastronomie, mais ce ne sera au phygital. Lancien secrétaire général de l’Organisation Mondiale du Tou-
jamais une destination de sports extrêmes par exemple. Il faut capitaliser risme disait que le tourisme ce ne sont pas que des infrastructures mais le
sur notre ADN qui repose aussi sur l’innovation. Monaco a en effet toujours moyen de connecter les gens. Le digital permet une mise en bouche d’une
été précurseur comme le prouve son fabuleux opéra signé Charles Garnier destination mais ne remplacera jamais la rencontre dans le monde réel…
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