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SOLUTION



          ARTIERI & ROHMER (Law Offices) : La prise en compte de

          l'IA dans la règlementation bancaire et financière                                             par Arthur Rohmer



          En Principauté de Monaco comme ailleurs, l'intelligence artificielle (IA) transforme profondément
          le secteur bancaire et financier, et génère à la fois des défis et des opportunités sans précédent.


          Les déploiements de l'IA, particulièrement dans la finance, continuent
          de soulever des questions juridiques et réglementaires complexes,
          rendues encore plus difficiles par l'évolution du droit des affaires.
          Un large éventail d'activités liées à l'IA est d’ores et déjà rapporté
          au sein des acteurs bancaires et financiers, avec une adaptation qui
          peut varier considérablement d’une institution à l’autre.
          Aujourd’hui, l’IA soutient déjà des fonctions internes cruciales
          telles que la lutte contre le blanchiment d'argent et la vérification
          des informations de connaissance du client (KYC). La gestion des
          risques est également l'un des premiers domaines d'utilisation. Cela
          inclut des outils pour surveiller, détecter et gérer divers types de
          risques tels que les risques opérationnels, de marché, de crédit ou
          réglementaires. L'automatisation de la détection des fraudes dans
          les transactions de paiement est désormais une pratique courante.
          Mais l’un des domaines d'IA les plus prometteurs est l'IA générative
          (GenAI), qui attire l'attention des banques désireuses d'explorer
          ses applications tout en respectant les normes règlementaires
          en vigueur.
          En effet, la GenAI, a la capacité de réaliser des tâches que l'IA
          traditionnelle ne peut pas accomplir - elle peut analyser davantage
          de types de données, traiter de grands ensembles de données
          plus rapidement et effectuer une gamme plus étendue de tâches.
          L’utilisation de la GenAI dans des rôles en contact avec les clients,
          comme le marketing personnalisé ou la fourniture de conseils,
          reste exceptionnelle et présente plus de risques réglementaires
          qu’un recours classique à l’IA pour les fonctions de back ou de                                             © Valeria Maselli
          middle office. Nous constatons également que certaines banques   Arthur Rohmer, Associé-Gérant du cabinet Artieri & Rohmer (Law Offices)
                                                                  Managing Partner of Artieri & Rohmer (Law Offices)
          préfèrent expérimenter des versions internes de GenAI en limitant
          l'utilisation des grands modèles de langage (LLM) publics comme   En outre, des réglementations spécifiques applicables en Principauté
          ChatGPT d'OpenAI, en raison de préoccupations réglementaires   de Monaco, tels que certains articles du Code monétaire et financier
          sur les données et la fiabilité des résultats. En effet, les régulateurs   français ou les recommandations de l’Autorité de Contrôle Prudentiel
          ont déjà eu l’occasion de mettre en garde contre le risque de   et de Résolution (ACPR) sur les dispositifs d’externalisation imposent
          production par les grands modèles d’informations incohérentes,   des exigences détaillées relatives à la gestion des systèmes et des
          inventées ou "hallucinées" avec une présentation affirmative de   contrôles des banques, notamment la préparation aux perturbations
          nature à remettre en question leur fiabilité. Dans le monde entier,   des systèmes d'IA.
          les régulateurs travaillent d’ailleurs activement à comprendre les   Ainsi, le droit positif monégasque inclut déjà des outils de nature à
          risques spécifiques à l'IA et à élaborer des directives pour prévenir   responsabiliser les équipes dirigeantes en cas de non-respect des
          les dommages potentiels.                               obligations réglementaires, les incitant à mieux comprendre et gérer
          En Principauté de Monaco, malgré l’absence de texte local spécifique   les risques liés à l'IA. Force est d’ailleurs de constater que l’approche
          règlementant ou même faisant référence à l’IA, il ne fait nul doute   par les risques du règlement européen sur l'intelligence artificielle du
          que la règlementation bancaire et financière en vigueur est d’ores et   21 mai 2024 est très largement inspirée des textes déjà applicables
          déjà susceptible de trouver à s'appliquer aux usages de l'IA par les   en matière bancaire et financière, avec un accent sur la transparence,
          sociétés agréées. Il en est ainsi de toutes les règles de bonne conduite   la responsabilité et la supervision par des humains.
          édictées par l’Ordonnance Souveraine n°1.284 du 10 septembre 2007,   Pour cette raison, les banques, grâce à leurs processus de gestion des
          portant application de la loi n° 1.338 du 7 septembre 2007 sur les   risques et de conformité déjà en place, sont très bien placées pour
          activités financières.                                 absorber ces nouvelles régulations. Reste toutefois pour les acteurs
          Rappelons, par exemple, que les sociétés agréées par la Commission   bancaires et financiers à identifier, de manière constante, les écarts
          de Contrôle des Activités Financières (CCAF) doivent se comporter   entre leurs processus actuels de gouvernance et les pratiques sans
          avec loyauté et agir avec équité au mieux des intérêts de leurs clients.   cesse innovantes qui résulteront de l’utilisation de la GenAI.

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