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SOLUTION
UBP : Transition énergétique -
un défi complexe mais déterminant
De Marc Elliott, Spécialiste Transition énergétique, Union Bancaire Privée (UBP)
Atteindre l’objectif ‘net zero’ nécessite des investissements importants et une volonté politique
concertée. BloombergNEF (BNEF) estime cet investissement à USD 92’000 milliards-USD 173’000
milliards sur les trois prochaines décennies.
Jusqu’à présent, la transition énergétique s’inscrivait dans le cadre d’un
programme d’action environnementale à long terme. Or, la récente crise
de l’énergie a démontré notre dépendance vis-à-vis des combustibles
fossiles ainsi que les graves difficultés économiques et perturbations
provoquées par de soudains chocs de l’offre (p. ex. sur le gaz russe).
La nécessité de s’orienter vers les énergies renouvelables – impliquant
des systèmes énergétiques locaux et donc facilitant l’indépendance
dans ce domaine – est donc devenue un impératif économique de
court terme alors qu’elle constituait jusque-là un objectif de long terme.
Ceci est particulièrement déterminant pour les régions manquant de
ressources de combustibles fossiles domestiques comme l’UE, le
Japon, la Corée du Sud et, dans une certaine mesure, la Chine.
Le coût des combustibles fossiles a aussi été l’argument économique
justifiant une réorientation vers des renouvelables plus attractifs.
Selon BNEF, les nouvelles énergies éoliennes et solaires terrestres
sont aujourd’hui d’environ 40% moins onéreuses que celles à base
de charbon et de gaz. Les renouvelables se caractérisent également
par des coûts variables négligeables, un atout clé dans un contexte © UBP
inflationniste. Les nouvelles énergies éoliennes terrestres coûtent Marc Elliott
environ USD 46/MWh et l’énergie solaire à grande échelle USD 45/
MWh, contre USD 74/MWh pour les nouvelles énergies à base de de renouvelables ou la ‘clean tech’) présentent un potentiel de création
charbon et USD 81/MWh pour celles à base de gaz. de valeur prometteur car elles peuvent profiter de solides vecteurs de
De plus, les économies développées doivent revoir leurs systèmes croissance à l’avenir, tandis que celles forcées d’accepter les prix de
énergétiques, les infrastructures arrivant en fin de vie. Les réseaux l’énergie, sans plan d’urgence, devraient être mises à mal.
américains, par exemple, ont souvent entre 40 et 50 ans, alors que La disponibilité des capitaux sera aussi conditionnée par les pro-
la France essaie de trouver des moyens pour étendre l’usage de ses grammes de décarbonation. Les obligations vertes deviennent une
centrales nucléaires et que l’Allemagne compte assurer sa sécurité source de financement majeure, bénéficiant d’une forte demande.
énergétique en réactivant d’anciennes centrales à charbon, peu per- Comme souligné précédemment, les gouvernements proposent
formantes. Les politiques mises en place tendent donc désormais à de plus en plus des incitations à investir. A l’inverse, les industries
soutenir l’investissement dédié aux infrastructures énergétiques. La polluantes ont toujours plus de difficultés à lever des capitaux, tant
récente Loi américaine sur la réduction de l’inflation a ainsi alloué sur les marchés actions que sur ceux de la dette, et cela profitera
USD 369 milliards pour la lutte contre le changement climatique et le aux entreprises propres. Les pollueurs seront également confrontés
lancement de programmes énergétiques. à une hausse des coûts à l’heure où les politiques gouvernementales
entendent de plus en plus les pénaliser, avec notamment des impôts
Implications pour les marchés actions sur les bénéfices exceptionnels pour les industries polluantes réalisant
La récente crise énergétique confirme l’importance de l’énergie pour les des profits exceptionnels (comme le secteur pétrolier et gazier), ou
économies mondiales. Sans énergie, pas de croissance. Nous voyons un renforcement des réglementations environnementales. Autant de
aujourd’hui à quel point la croissance est affectée par les pénuries mesures pesant sur la valeur des sociétés qui ne sont toujours pas
d’énergie (notamment en Europe), avec pour effet une hausse des coûts. engagées dans la transition.
Les transitions énergétiques sont disruptives et ont donc des impacts La nécessité d’agir se fait heureusement toujours plus pressante vu
majeurs sur les économies et les investissements. Par ailleurs, elles le coût croissant de l’inaction. Les dépenses s’accélèrent, avec à la
ne sont pas linéaires. Dans ce contexte, certaines valeurs sont bien clé une forte création de valeur pour les sociétés qui apportent des
positionnées et d’autres sont à la peine. Les entreprises fournissant solutions visant à lutter contre le changement climatique et à atténuer
des solutions proactives face aux défis actuels (p. ex. les opérateurs ses effets.
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