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IMSEE : Bilan économique 2025

L’année 2024 a été marquée par une activité économique exceptionnellement soutenue, portée notamment par de grands projets de construction. En 2025, bien que la fin de ces chantiers majeurs entraîne un recul attendu de certains indicateurs, tous conservent des niveaux historiquement élevés.

Depuis le 1er janvier 2026, la nouvelle nomenclature d’activité “NAF 2025” est entrée en application en Principauté. Les regrouupements et intitulés des grands secteurs d’activités (GSA) ont dans ce cadre été redéfinis. Par conséquent, les résultats sectoriels ont été recalculés et ne peuvent être comparés à ceux des précédentes publications.


COMMERCE EXTÉRIEUR (HORS ÉCHANGES AVEC LA FRANCE)

En 2025, le volume global des échanges monégasques recule par rapport à l’année précédente mais enregistre son deuxième plus haut niveau historique. En effet, il repasse légèrement sous les 4 Md€ après une diminution d’environ 200 M€.

En volume, les exportations comme les importations se contractent dans des proportions proches (respectivement -5,3 % et -4,6 %). Le taux de couverture (exportations / importations) reste alors plutôt stable. En valeur, la baisse atteint 69,4 M€ pour les exportations et 131,5 M€ pour les importations, ce qui conduit à la réduction du déficit de la balance commerciale de 62,1 M€.

Évolution du commerce extérieur hors France

La part des échanges avec l’Union européenne (UE) recule de près de 5 points et devient minoritaire. En effet, le montant des acquisitions auprès de pays de l’UE diminue de 232,1 M€ et, dans une moindre mesure, celui des livraisons de 67,7 M€. Dans le même temps, les importations depuis le reste du monde gagnent du terrain (+100,6 M€) et les exportations sont relativement stables (-1,7 M€). Le montant total des échanges hors UE dépasse ainsi pour la première fois les 2 Md€ en 2025.

Les transactions avec l’Italie se replient de plus de 15 %, mais ce pays demeure le premier partenaire commercial de la Principauté. Il est suivi de loin par le Royaume-Uni et l’Allemagne. Les articles de joaillerie et bijouterie redeviennent majoritaires devant les Produits de la construction automobiles. Les articles d’horlogerie gagnent trois places et monte sur le podium.

CHIFFRE D’AFFAIRES(1)

À fin 2025, le montant total du chiffre d’affaires de la Principauté, hors Activités financières et d’assurance, s’élève à 19,9 Md€(2). Par rapport à l’année précédente, il se réduit de 1,6 Md€, soit de 7,6 %. Bien que le chiffre d’affaires soit lourdement impacté par deux GSA en raison de l’achèvement de grands chantiers, il se maintient à un niveau élevé (son troisième plus haut historique).

Évolution du chiffre d’affaires

La Construction, tout d’abord, voit son résultat se contracter de près de 1 Md€ (-36,1 %) après trois années exceptionnelles. Si la majorité des activités comprises dans ce GSA sont en baisse, la Construction de bâtiments résidentiels et non résidentiels diminue drastiquement de 771,7 M€, pour les raisons précédemment évoquées. Aussi, le chiffre d’affaires des Activités spécialisées, scientifiques et techniques diminue de plus de 600 M€ en 2025 (-17,3 %). Il est pénalisé par les activités de conseils spécialisés (-469,8 M€) et plus particulièrement par les économistes de la construction. De plus, les Activités des sièges sociaux reculent de plus de 100 M€ au travers d’un acteur. Le Commerce de gros accuse une baisse de son résultat de 168,7 M€, soit de 3,1 %. Celle-ci est toutefois imputable aux négociants en produits pétroliers (-205,3 M€) et, dans une moindre mesure, au Commerce de gros non spécialisé de denrées, boissons et tabac (-111,4 M€). L’industrie et l’immobilier perdent tous deux près de 60 M€ de chiffre d’affaires par rapport à l’année précédente. Au sein du premier, ce recul est dû à la Fabrication de plaques, feuilles, tubes et profilés en matières plastiques (-56,4 M€). Quant aux Activités immobilières, elles sont notamment affectées par le déclin dans l’Achat et vente de biens propres (-84,9 M€), tandis que le chiffre d’affaires des Activités de service d’intermédiation pour les activités immobilières augmente de près de 50 M€. Du côté des hausses, le Commerce de détail affiche la plus forte progression, de plus de 140 M€ (+6,1 %). Trois types de commerces se démarquent pour atteindre ce résultat : ceux de biens culturels et de loisirs (+45,2 M€), de véhicules automobiles (+37,0 M€) et de l’habillement (+24,8 M€). Les Arts, sports et activités récréatives suivent avec une croissance de 86,6 M€ (soit +8,5 %), ainsi que l’Hébergement et restauration (+67,6 M€, soit +6,3 %).

(1) Calculé à partir des déclarations de TVA en période de dépôt

(2) Le total du chiffre d’affaires n’inclut pas celui des Activités financières et d’assurance. Le chiffre d’affaires étant un indicateur moins pertinent que pour les autres secteurs, il est donné à titre indicatif.

Évolution et répartition du chiffre d’affaires par GSA

EMPLOI

À la fin de l’année 2025, près de 65 000 emplois sont comptabilisés dans le secteur privé, soit 829 de moins qu’en décembre 2024. Ce résultat, bien qu’en baisse de 1,3 %, correspond au deuxième plus haut niveau jamais observé. Le recul du marché de l’emploi privé est par ailleurs moins marqué que lors du trimestre précédent (-2,5 % à la fin du 3T).

Les Activités de service administratif et de soutien affichent la diminution la plus importante (-10,7 % soit 1 458 emplois de moins par rapport à 2024), sous l’effet de la forte baisse de la main d’œuvre temporaire (-14,8 % soit -1 477 emplois).

Concomitamment au repli de l’intérim, qui dépend fortement des missions dans le bâtiment, la Construction (hors emplois intérimaires) accuse une baisse de 5,2 % de ses effectifs, soit -360 postes par rapport à l’année précédente, prolongeant sa tendance baissière du second semestre 2025.

Avec 301 emplois supplémentaires en un an soit +3,3 %, l’Hébergement et restauration poursuit sa croissance et présente la plus forte augmentation en valeur du trimestre. Portés par le développement des activités sportives et du soutien à l’évènementiel, les Arts, sports et activités récréatives progressent de 7,2 % (+186 postes). Le nombre d’emplois dans les Activités industrielles, productives et artisanales se replie dans les mêmes proportions (-7,5 % soit -207 postes), conséquence de la transmission universelle de patrimoine d’un établissement de soutien à l’extraction d’hydrocarbures vers son entité principale opérant dans les Activités spécialisées, scientifiques et techniques (+5,3 % soit +240 emplois).

Évolution du nombre d’emplois

Le secteur privé totalise 105,7 millions d’heures travaillées en cumul sur les douze mois de 2025, soit 2 millions de moins qu’en 2024 (-1,9 %). Seul le mois de décembre 2025 affiche un nombre d’heures légèrement supérieur à l’année précédente, ne permettant pas de rattraper le retard cumulé depuis janvier. En lien avec la diminution de ses effectifs, l’intérim accuse la plus forte baisse du volume d’heures travaillées (-23,8 % en un an). À l’inverse, cet indicateur progresse de 5,1 % sur la période dans les Activités immobilières et de plus de 4 % dans l’Hébergement et restauration ainsi que dans l’emploi domestique.

Évolution mensuelle du nombre d’heures travaillées

Le nombre d’employeurs du secteur privé augmente à nouveau légèrement (23 entités de plus qu’en 2024), atteignant 6 378 à la fin de l’année 2025.

Créations et radiations d’établissements

À fin 2025, le solde net des établissements s’élève à +447, contre +272 un an plus tôt. Cette progression résulte d’une forte hausse des créations (1 070 contre 784 l’an passé), supérieure à celle des radiations (623 contre 512).

Le solde des entités relevant strictement du Répertoire du Commerce et de l’Industrie évolue quant à lui plus modérément : 593 créations pour 499 radiations, soit +94 contre +86 l’an dernier.

Cet écart avec le total s’explique principalement par le dynamisme des Autres activités de services, portées par les inscriptions des organisations associatives, qui enregistrent de loin la plus forte augmentation nette (+142). Les autres secteurs affichent un solde créations-radiations positif sur l’année, à l’exception du Transports et entreposage (-2), des Activités industrielles, productives et artisanales (-8) et du Commerce de gros (-16).

IMMOBILIER

En 2025, le marché de l’immobilier totalise 493 transactions, en augmentation de 5,8 % par rapport à 2024. Le montant global des ventes et des reventes s’établit à 5,9 milliards d’euros, un niveau stable par rapport au record de l’année précédente.

Le marché des ventes recule, que ce soit en volume (-36,6 %) ou en valeur (-29,1 %) par rapport à 2024, qui était une année exceptionnelle. Toutefois, les 64 ventes réalisées pour un montant de 2,6 milliards d’euros placent 2025 à un niveau nettement supérieur aux moyennes de long terme.

A contrario, les reventes repartent à la hausse après deux années de repli. Elles progressent de 17,5 % en volume pour atteindre 429 transactions et de 49,1 % en valeur pour établir le nouveau record de 3,2 milliards d’euros.

Évolution du montant des transactions immobilières

TOURISME

En 2025, les hôtels de la Principauté ont accueilli 353 875 personnes, en augmentation de 1,1 % par rapport à l’année précédente. Avec 2,6 nuitées en moyenne, la durée de séjour est restée relativement stable, portant le total des nuitées-personnes à plus de 907 826. Le nombre de chambres occupées atteint 570 619 (+2,1 %), entrainant une hausse de 2,7 points du taux d’occupation, qui s’établit à 64,5 %. Les touristes provenant de pays hors Union européenne représentent désormais 46,8 % des arrivées, avec en tête les États-Unis et le Royaume-Uni.

Le secteur des croisières connaît une forte progression avec 137 escales à Monaco contre 114 l’année précédente (+23), conduisant à une augmentation significative du nombre de croisiéristes (+15 703).

TRANSPORTS

Le trafic aérien poursuit sa progression en 2025, avec 25 028 mouvements enregistrés sur l’année (+4,5 %). Le nombre de passagers connaît une hausse encore plus marquée, atteignant 56 676 (+13,2 %). Si les vols commerciaux continuent de représenter la majorité du transport de passagers, cette croissance résulte principalement du développement des vols panoramiques (+36,3 %).

Le nombre d’immatriculations de véhicules neufs s’élève à 2 740, en légère baisse par rapport à 2024 (-1,4 %). Les véhicules hybrides essence-électrique, désormais largement majoritaires parmi les modèles neufs, gagnent 6,6 points en un an pour atteindre 46,7 %. Les modèles à essence reculent de 8,0 points, se fixant à 21,9 %, soit la même proportion que les électriques, dont la part est restée relativement stable. Globalement, les « véhicules écologiques » représentent 45,3 % des immatriculations neuves (+4,7 points).

Retrouvez la publication sur imsee.mc

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