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GP de Monaco : le business des yachts pèse toujours plus lourd

Une partie non négligeable du business du Grand Prix se joue… sur l’eau.

Chaque année, le Port Hercule se transforme en vitrine flottante du luxe mondial. Derrière les images de cartes postales se cache une mécanique économique redoutablement efficace qui mobilise ports, armateurs, brokers, sociétés d’événementiel, conciergeries et marques internationales. « Le Grand Prix représente notre premier événement en termes de retombées économiques », confirme Aleco Keusseoglou, Président de la Société des Ports de Monaco.

Un port transformé en machine à cash

Cette année encore, près de 120 yachts ont accosté dans les ports monégasques à l’occasion de l’événement. À cela s’ajoutent les nombreux yachts au mouillage dans la rade ainsi que cinq paquebots de croisière venus profiter de l’événement. « Sur les deux journées de qualifications de Formule 1 et le dimanche de la course, MarineTraffic a enregistré en moyenne 878 mouvements de navires par jour en Principauté, arrivées et départs confondus », note le site de suivi maritime. Avant d’ajouter : « C’est environ 5,7 fois plus élevé que la moyenne de la semaine précédente de 153 mouvements quotidiens, représentant une augmentation d’environ 473 %. »

Pour accueillir cette flotte exceptionnelle, la Société des Ports de Monaco doit chaque année réorganiser entièrement ses infrastructures. « Nous devons déplacer environ 120 bateaux et en relocaliser une partie à Fontvieille pour créer de nouvelles capacités d’accueil », explique Aleco Keusseoglou. La Principauté affiche depuis longtemps complet. Résultat : les ports voisins profitent eux aussi de l’effet Grand Prix. Cala del Forte, à Vintimille, joue désormais le rôle de port satellite.

Le jackpot des locations

Le véritable moteur économique reste toutefois la location des yachts. Selon Aleco Keusseoglou, près des deux tiers des 120 unités présentes dans le port sont exploités commercialement pendant l’événement. Les tarifs varient fortement selon la taille et l’emplacement. « Un yacht de 30m tous frais confondus coûte dans les 300 000€, un de 45m dans les 600 000€, explique un professionnel de la place. Ces prix comprennent la location du bateau, la place à quai, la TVA, les frais de bord communément appelés APA, le traiteur, les boissons, la location de matériel si un DJ est à bord, la moquette, les tenders et accréditations, le personnel en extra, les passes ACM (450€ par personne) pour les personnes venant la journée sur un bateau. Vous trouvez des places à la journée qui varient entre 2 000€ et 8 000€ voire plus pour les bateaux au T central qui sont bien plus grands (50/70m). Tout dépend en fait du sponsor qui fait un événement à bord… » Il faudra ajouter à cela les prestations annexes : catering, sécurité, équipages supplémentaires, transferts, conciergerie ou événements privés. Le must étant de regarder la course depuis le yacht d’un pilote comme Pierre Gasly…

La barge VIP affiche complet

Autre symbole de cette montée en gamme : la barge d’hospitalité développée par la Société des Ports de Monaco. Positionnée à la sortie du tunnel, face à la chicane, elle offre l’un des points de vue les plus recherchés du circuit. L’offre est réservée aux clients des ports monégasques et commercialisée à 5 000 euros TTC pour les trois jours du Grand Prix. Le succès dépasse désormais les prévisions. « Nous disposons de 400 places et nous avons vendu en moyenne 432 places par jour cette année », précise Aleco Keusseoglou.

Le défi des 700 tenders

Cette croissance spectaculaire a toutefois son revers. Cette année, près de 700 tenders ont assuré les rotations entre les yachts au mouillage et les quais monégasques. « Nous réfléchissons désormais à une limitation pour garantir la sécurité », indique le Président des Ports de Monaco.

Milena Radoman

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