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Budget primitif 2026 : l’équilibre sous surveillance

Excédentaire de 8,8 millions d’euros, le budget primitif 2026 de Monaco confirme la solidité des finances publiques de la Principauté. Mais derrière cet affichage maîtrisé, les débats ont mis en lumière une progression continue des dépenses.

Adopté par le Conseil National, le budget primitif 2026 s’établit à 2,216 milliards d’euros de recettes, pour 2,208 milliards de dépenses, dégageant un excédent prévisionnel de 8,8 millions d’euros. Dans un environnement économique international instable, « nous avons fait le choix de la prudence et de la responsabilité », a résumé le Ministre d’État Christophe Mirmand, insistant sur la nécessité de préserver les grands équilibres financiers de la Principauté et listant les postes budgétaires les plus importants :  271 millions d’euros sont consacrés au logement, 208 millions à la santé publique, plus de 163 millions à la sécurité sociale, 116 millions à la politique sportive, 114 millions à la politique culturelle et patrimoniale, 113 millions à la sécurité, 99 millions à l’éducation et 98 millions à la mobilité. 

Des recettes solides… mais encore très conjoncturelles

La hausse des recettes, estimée à près de +5,7 %, s’explique en effet en partie par des rentrées fiscales soutenues, en particulier via la TVA et les droits de mutation. Le programme Mareterra a permis de prolonger le pactole de la TVA immobilière en 2025, mais « cette bonne surprise n’a pas vocation à se reproduire,note Christophe Mirmand.Il faut s’attendre, au cours des années 2026 à 2028, à un montant de recettes qui, en termes réels, devrait être en retrait de la tendance précédente, pour une somme comprise entre 150 et 200 millions d’euros. » D’où l’urgence de diversifier les recettes demandées depuis des années par les élus. Le Ministre d’État a annoncé le dépôt d’unprojet de loi visant à fiscaliser les cessions de promesses de vente, « contribuant à un élargissement cohérent de notre base de recettes » ainsi que d’un texte, « destiné à renforcer les capacités de l’administration en matière de recouvrement de créances, notamment fiscales»Une révision du cadre applicable aux activités financières est également en cours, « avec pour objectif de favoriser le développement du capital-investissement et de nouveaux véhicules d’investissement, tout en maintenant un niveau d’exigence élevé en matière de conformité internationale. » Une extension de Monaco Boost est à venir comme une réforme de l’aide à l’installation professionnelle.

Dépenses publiques : la soutenabilité au cœur du débat

Côté dépenses, le budget 2026 confirme une tendance lourde : les charges de fonctionnement dépassent désormais les 2 milliards d’euros. Masse salariale, inflation, coûts énergétiques, subventions aux établissements publics… La trajectoire interroge sur la soutenabilité du modèle à moyen terme. Les investissements restent, eux aussi, à un niveau élevé, avec près de 794 millions d’euros inscrits, traduisant la poursuite de grands projets structurants. Mais c’est précisément sur ces chantiers que le Ministre d’État entend marquer sa différence. « Il n’est pas souhaitable que des projets publics voient leur enveloppe évoluer sans maîtrise », a-t-il reconnu, appelant à un pilotage plus rigoureux et à une stabilisation des programmes. Une allusion au projet Symbiose ou au nouveau CHPG.

Parmi les grosses annonces de ce budget : la réforme du système de retraite monégasque, justifiée par le Ministre par l’allongement de l’espérance de vie et de la durée de perception moyenne des pensions (passée de 7 ans en 1970, à 19 ans en 2010 et à 21 ans en 2024). « Le ratio actifs/retraités n’a cessé de se détériorer sur la même période puisqu’il est passé de 3,32, à 1,35 et aujourd’hui à 1,1, ce qui mécaniquement fragilise le système des retraites en place ». Le groupe de travail mis en place doit rendre ses préconisations en juin 2026 « en vue d’assurer la pérennité du régime général de retraite », a indiqué Christophe Mirmand.

Si cette future réforme ne touche pas à l’âge de départ, elle passera sans doute par une hausse des cotisations, employeur et/ou salarié, préconisée par l’actuaire, et/ou une hausse du prix d’achat du point de retraite, pour les salariés.

La “méthode Mirmand”

 « Nous devons continuer à investir, protéger notre modèle social et préparer l’avenir, sans fragiliser nos équilibres », estime le Ministre d’État, dont la méthode a été saluée par les élus avec un vote favorable de 14 d’entre eux. Y compris par le président Jean-Louis Grinda, même s’il dénonce « un début de dérive autoritaire de l’État dans sa relation avec le Conseil National ».

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