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UPDATE



          Monaco sur la liste grise du GAFI : une sortie en janvier 2026 ?


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          Le 28 juin, Monaco a été placé sur la liste grise du GAFI, identifiant « les juridictions soumises à
          une surveillance renforcée ». L’objectif est d’en sortir au plus vite, pour limiter les conséquences
          sur l’économie du pays.

                                                                 Un impact sur la croissance limité ?
                                                                 « Monaco n’a jamais eu vocation à devenir un refuge pour les fraudeurs
                                                                 fiscaux ou pour les spécialistes de blanchiment et encore moins pour
                                                                 les terroristes. Quelque part, nous avions des lacunes, ce processus
                                                                 nous a permis d’en prendre conscience. On repensera dans cinq ans
                                                                 à cette période comme un moment où Monaco a passé un cap… » a
                                                                 ajouté Pierre-André Chiappori, selon qui les conséquences délétères
                                                                 d’une telle ostracisation sur l’économie monégasque devraient être
                                                               © Direction de la Communication  y rester cinq ans, mais pour un an et demi, le fait d’être mis en liste
                                                                 limitées. « Il pourrait y avoir une influence sur la croissance si on devait

                                                                 grise à court terme n’a pratiquement pas d’impact. Surtout pour un
                                                                 pays qui n’emprunte pas et a une dette négative grâce à notre fonds
                                                                 de réserve.» Le pétrole monégasque, l’immobilier, sera-t-il impacté ?
                                                                 Cette nouvelle configuration va-t-elle pousser les résidents ou les
          « On fera tout ce qu’il faut pendant ces dix-huit prochains mois pour en   investisseurs à quitter le pays ou changer leur centre d’activité ?
          sortir… » a martelé le Ministre d’État Pierre Dartout, après l’annonce de   « Monaco demeure un territoire très attractif, il y aura toujours des
          l’entrée de Monaco sur la liste grise du GAFI. Le 28 juin, l’organisation   personnes qui viendront à Monaco pour y investir ou pour y vivre. Les
          internationale anti-blanchiment a en effet annoncé les nouveaux pays   fondamentaux de l'économie sont solides », rassure Pierre Dartout,
          sous surveillance renforcée. Sur cette liste, Monaco côtoie désormais   qui a reçu les acteurs économiques de la place (Conseil économique
          le Venezuela, le Nigéria ou encore la Syrie... « Il y a des pays assez   et social, Fedem, etc.) pour évoquer ce dossier brûlant.
          peu fréquentables mais également la Croatie et la Bulgarie. Le fait de   Certains banquiers ont pourtant déjà constaté des mouvements de
          passer en surveillance renforcée n'est pas exceptionnel », relativise   capitaux vers d’autres pays comme le Luxembourg le jour-même
          le Chef du Gouvernement, rappelant que « la déclaration du GAFI   de l’annonce du GAFI et l’on sait déjà que les transactions vont être
          souligne, ce qui est très rare, les progrès significatifs qui ont été   ralenties en raison d'une application stricte de la compliance. « Le
          accomplis. » Un avis partagé par le Conseiller de Gouvernement   "de-risking" est un phénomène qui voit les institutions financières
          Ministre pour l’Économie et les Finances, Pierre-André Chiappori, qui   étrangères prendre leurs distances avec des contreparties, des
          a défendu le dossier monégasque à Singapour avec son prédécesseur   correspondants bancaires, des clients ou des pays considérés comme
          Marco Piccinini. « Depuis six ans, une quarantaine de pays se sont   présentant des risques élevés en matière de blanchiment d'argent ou
          retrouvés en liste grise et seulement deux fois l’expression progrès   de financement du terrorisme… Les coûts élevés de la conformité,
          significatifs a été employée dans les déclarations du GAFI. Il faut lire   les risques pour la réputation et la complexité des transactions sont
          entre les lignes, comme toujours en diplomatie… » lâche le Ministre   autant de facteurs qui poussent les institutions financières à éviter
          des Finances.                                          de traiter avec des pays jugés à risque », note également une étude
                                                                 du cabinet Phoenix Consulting Monaco, listant parmi les risques
          Pas de miracle                                         majeurs une baisse du PIB ou encore des investissements étrangers
          Au final, l’inscription de Monaco sur la fameuse liste grise du GAFI   (voir Monaco Economie N°129). Difficile d’anticiper les réactions des
          n’est guère une surprise compte tenu des derniers épisodes. En   régulateurs financiers et des banques étrangers pour l’heure, jaugent
          décembre 2022, l’organe régional Moneyval, agissant comme   pour autant les autorités monégasques : « Par le passé, des pays sur
          un juge d’instruction selon la formule de Pierre-André Chiappori,   liste grise ont été traités sévèrement par les régulateurs, et d’autres de
          avait déjà publié un rapport d'évaluation mutuelle (REM) corrosif,   manière bénigne, alors que classification était la même. » « Quelle que
          épinglant les lacunes de la Principauté en termes de lutte contre   soit la durée de cette période, nous devrons apprendre à vivre avec
          le blanchiment et le financement du terrorisme. « Il est possible   plusieurs rouages plus grippés qu’auparavant du fait d’une nécessaire
          qu’il y ait eu, de notre part, un certain optimisme, avec l’idée que   documentation accrue de nombre de nos opérations économiques »,
          Monaco n’a jamais été un endroit où le blanchiment avait lieu à   résume de son côté le Conseiller National Régis Bergonzi, fataliste.
          grande échelle. On a peut-être eu l’impression que ces problèmes
          concernaient moins Monaco que d’autres pays », a expliqué le   Une sortie en janvier 2026, un plan ambitieux ?
          Ministre, plaidant « coupable collectivement » même s’il n’est arrivé   Concrètement, que doit faire Monaco pour sortir de la liste grise du
          au gouvernement que 3 mois avant la sentence du GAFI. « Ce qui   GAFI en janvier 2026 (avec deux points d’étape intermédiaires en mai
          pouvait paraître acceptable il y a 10 ou 15 ans ne l'est plus. Monaco   et septembre 2025) ? Le gendarme mondial anti-blanchiment reconnaît
          doit s'adapter », note Pierre Dartout, rappelant que Monaco est un   que de nombreux efforts ont été accomplis concernant notamment
          petit pays aux effectifs forcément réduits.            l’établissement d’une nouvelle unité de renseignement financier

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