Page 41 - Monaco Economy 129
P. 41
Des impacts à court terme pour le secteur privé
C’est l’une des principales craintes du secteur privé : l’augmentation des coûts liés
à la conformité pour les professionnels assujettis. Notable, elle se manifeste à
plusieurs niveaux, comme le montre l’étude de Phoenix Consulting, à commencer
par les coûts opérationnels (notamment recrutement de personnel qualifié).
Ainsi, « en 2021, ceux de HSBC Malta augmentent de plus de 10% du fait du
renforcement des contrôles sur les clients et les opérations, et à l’investissement
dans de nouveaux outils digitaux (KYC, ERP, screening). On observe des
augmentations de coûts similaires chez tous les professionnels assujettis,
dont les grandes banques maltaises. »
À cela s’ajoutent l’investissement dans des solutions technologiques, le coût
réputationnel (campagnes de communication, sensibilisations internes, mise
en place de rapports extra-financiers, etc.) mais aussi le coût des transactions
et opérations. « Les entreprises des pays listés sont confrontées à un autre
problème : les transactions deviennent plus complexes lorsqu’elles traitent
avec des partenaires étrangers, entraînant une possible altération des
relations internationales. Les opérations locales deviennent également plus
chronophages et coûteuses en raison de contrôles plus rigoureux sur les clients
et les opérations ce qui, en retour, allonge les délais et augmente les coûts
associés aux transactions. Certaines entreprises situées dans des pays non
listés choisissent même refuser de collaborer avec des entités basées dans
des pays en liste grise », indique Sébastien Prat.
Sans oublier le coût des sanctions : « À Malte, nous observons que les montants
© FreePik des sanctions imposées aux professionnels assujettis non financiers (EPNFD)
explosent à partir de 2020. Elles sont multipliées par 53 ! »
MERCI
Design : Pix Associates 2023
41

