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La Commission avait été échaudée par le casse-tête conventionnel
          avec la Suisse. L’UE ayant passé 130 accords sectoriels avec la
          confédération helvétique avant une tentative avortée de négocier un
          accord d’association global pour faciliter les échanges…

          Les conséquences d’un non accord
          Cette hypothèse avait d’ailleurs été prise en compte par l’étude d’impact
          d’un non-accord, dont les conclusions ont été rendues publiques cet
          été. Le Gouvernement avait en effet mandaté les cabinets August
          Debouzy et Accuracy pour réaliser une étude prospective, basée
          sur différents scenarii (accord/non accord) et leurs conséquences
          économiques, juridiques et politiques pour la Principauté. « On peut
          penser que la Commission manifestera peu d’empressement à
          répondre aux demandes de reconnaissance d’équivalence (entre le droit   © WSM
          monégasque et le droit de l’Union) que formulerait la Principauté, par   Michel Barnier : « Les spécificités peuvent être entendues
          exemple en ce qui concerne le RGPD (les services de la Commission   au bout de la route »
          considérant qu’ils avaient raisonné jusqu’ici dans la perspective   Hasard du calendrier, c’est le jour-même de la suspension des
          d’une transposition complète du RGPD par Monaco dans le cadre de   négociations avec l’UE que Michel Barnier, ancien Commissaire
          l’Accord d’association). De même serait-il difficile pour Monaco de   européen (au Marché intérieur et aux Services de 2010 à 2014),
          solliciter la négociation de nouveaux accords sectoriels dont le besoin   était reçu au Palais princier. La veille, le négociateur en chef
          apparaitrait dans les années à venir (l’Union avait adopté cette attitude   du Brexit, invité du Monaco Press Club, livrait sa vision de
          de non-disponibilité à négocier de nouveaux accords sectoriels avec   l’Europe et du Brexit devant un parterre de 80 personnalités
          la Suisse, à la suite du rejet par celle-ci du projet d’accord-cadre) »,   monégasques. Une vision d’autant plus intéressante quand
          détaille ainsi l’étude des cabinets August Debouzy et Accuracy.   on sait que certains des membres de l’équipe négociatrice
          Les consultants estimaient alors que « ce sont moins des mesures   du Brexit étaient en charge de discuter avec les autorités
          négatives, a fortiori des sanctions, que l’on doive craindre dans le cas   monégasques d’un éventuel accord d’association…
          d’un renoncement à l’Accord d’association du fait de Monaco, qu’une   Pour celui qui fut quatre fois Ministre de la République, « c’est
          attitude moins coopérative et plus attentiste de la part de l’Union, en   une illusion de croire que l’on peut défendre ses intérêts et
          particulier de la Commission, à l’égard des éventuels demandes ou   ses valeurs en étant tout seul dans le monde d’aujourd’hui. Le
          besoins de la Principauté ». Pourquoi l’Union européenne prendrait-elle   marché unique est notre principal atout et la seule raison pour
          des mesures de rétorsion si la décision de suspendre les négociations   laquelle les Présidents chinois et américains nous respectent »,
          a été prise à deux ?
                                                                    a lancé Michel Barnier, appelant à « ne pas confondre le divorce
                                                                    qu’a été le Brexit, avec le PACS éventuel que négocie Monaco ».
                                                                    Pour l’auteur de « La grande illusion, journal secret du Brexit »
                                                                    (Gallimard), la Commission européenne, « très rigoureuse sur
                                                                    le respect des règles », doit « tenir compte de l’identité et de
                                                                    la spécificité de chacun des pays qui discutent avec l’Union ».
                                                                    « La singularité de Monaco doit être plaidée. Il faut l’expliquer
                                                                    à Bruxelles aussi longtemps qu’ils ne prennent pas la mesure
                                                                    du risque que les Monégasques soient exclus ou dépossédés
                                                                    du destin de Monaco. (…) J’ai souvent dit que le Brexit était
                                                                    une école de patience et de la même manière, peut-être que
                                                                    les négociations entre Monaco et l’Union européenne le sont
                                                                    également. » Un discours qu’il faudra garder en mémoire en
                                                                    cas de reprise des négociations avec Bruxelles. Après tout,
                                                                    les pays d’Europe orientale et baltique qui ont adhéré en 2004,
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         © Direction de la Communication                            même pas adhérer ne se verrait-il appliquer aucune exception
                                                                    pas applicable pendant 7 ans... Pourquoi un État qui ne veut

                                                                    alors qu’il présente des caractéristiques uniques (nationaux
                                                                    minoritaires au sein de la population, 55 000 pendulaires ultra-

                                                                    entendues au bout de la route », estime Michel Barnier, que
           Mme Isabelle BERRO-AMADEI, Conseiller de Gouvernement-Ministre des Relations   majoritaires dans le privé) ? « Les spécificités peuvent être
           Extérieures et de la Coopération, a rencontré M. Maroš ŠEFČOVIČ, Vice-Président exécutif   l’on reverra sans aucun doute dans la campagne des élections
           de la Commission européenne                              européennes. L’ancien ministre se verrait bien mener la liste
           Ms Isabelle BERRO-AMADEI, Government Advisor-Minister of External Relations and
           Cooperation, met Mr Maroš ŠEFČOVIČ, Executive Vice-President of the European   des Républicains français…
           Commission
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