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          La Belle Classe Academy :

          Préparer le nautisme de demain                                                               Par Milena Radoman




          Du permis côtier à l’art de la table, La Belle Classe Academy propose des formations aux armateurs,
          équipages et cadres du yachting.



          Formations de base à la sécurité, techniques de navigation, cours sur
          la météo ou encore team building… Depuis 2015, armateurs, cadres
          du yachting et membres d’équipage peuvent suivre à Monaco des
          cours personnalisés et certifiants. La Belle Classe Academy, située à
          l’arrière du Yacht Club de Monaco propose des modules payants variés.
          Pour se distinguer des autres centres de formation de la région, cette
          école enseigne l’art de la table et les codes de bonne conduite liés
          au nautisme. Les personnels de bord peuvent ainsi peaufiner leurs
          connaissances en mixologie, sur les grandes «étiquettes» de vins et
          de spiritueux, leurs cépages et leurs régions - « le tout agrémenté d’une
          dégustation de 48 vins différents ». L’objectif étant de se familiariser
          avec les produits de luxe – cigares, narguilés et thés compris - pour
          mieux les servir à des clients exigeants.                                                                   © La Belle Classe Academy

          Réduire l’impact environnemental
          Parmi ces formations, on retiendra particulièrement le programme   « On peut réduire facilement de 50% la pollution de l’air, notamment avec l’utilisation de bio-
          E.T.Y.C. Objectif : sensibiliser les équipages des yachts aux questions   carburants et de 30% la consommation d’eau avec des filtreurs par exemple », explique Claire
                                                                  Ferandier-Sicard, fondatrice d’ETYC, qui délivre des formations à La Belle Classe Academy.
          environnementales et leur apporter des solutions concrètes pour réduire
          l’impact du yachting sur le milieu marin. Car pour un yacht de 45 m,
          on estime la consommation sur une saison à 5 400 bouteilles d’eau   a un argument choc pour séduire les propriétaires de ces signes
          en plastique, 6 000 capsules de café en aluminium, 3 600 serviettes   extérieurs de richesse : « ne pas être la cible des activistes ». En mai,
          en papier, 6 000 pailles en plastique et.. 500L/h de fuel en full speed.   des manifestants ont ainsi aspergé le megayacht Elements estimé à
          Soit 150 voitures diesel à l’heure. « La vie à bord reste la plus grosse   125 millions de dollars de peinture rouge et noir…  « Nous allons lancer
          consommation du bateau et la flotte existante ne possède pas encore   une plateforme d’ici à la fin 2023 où les capitaines formés pourront
          les dernières technologies souvent très couteuses à mettre en place;   communiquer les actions qu’ils ont mené pour réduire l’impact envi-
          il est pourtant urgent d’agir. Une récente étude du WWF démontre   ronnemental des navires. »
          que la Méditerranée est la mer la plus polluée au monde, contenant 4
          fois plus de déchets que le 7ème continent de plastique », rappelle la
          société formatrice ETYC, consciente de l’équilibre à trouver pour « ne
          pas mettre en péril la qualité du service haut de gamme propre au
          yachting de luxe »… Les équipages doivent adopter les bons gestes.
          « Grâce à des exercices, chaque participant peut mettre immédiatement
          en œuvre des pratiques écoresponsables à bord, en cohérence avec
          le bateau. Objectifs : économiser du temps, de l’argent et de l’espace
          de stockage tout en améliorant la qualité du service aux clients. »

          Selon Claire Ferandier-Sicard, fondatrice et CEO d’ETYC, on peut réduire
          facilement de 50% la pollution de l’air, notamment avec l’utilisation
          de biocarburants et de 30% la consommation d’eau avec des filtreurs
          par exemple. La jeune femme, qui espère faire certifier sa formation
          par l’OMI, a déjà 6 bateaux et 100 membres d’équipage à son actif.
          Un megayacht de 92m et un bateau privé de 50 m devraient bientôt
          s’ajouter à sa liste. Outre les subventions potentielles – l’Etat mo-
          négasque finance jusqu’à 70% la formation des équipages allant de
          250 à 500 euros la journée via le Fonds vert -, le programme d’audit
          et de formation développé par cette société incubée à Monaco Tech



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