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WHAT ELSE
n « monde qui ne nous appartient plus »
par Suzanne Belaieff
Mais pourquoi vit-on dans un « monde qui ne nous appartient plus », dans lequel on est
plus « chez soi » ? n monde sans équilibre entre A M IE, P P TI et C-
TI ALITÉ du LIE ?
Longue est la liste de choses qui participent à l’écume du temps.
in I les architectes LEC B SIE G PI S A de E IGT voulaient
e
créer une nouvelle vision de la Maison mais aujourd’hui plus personne n’utilise m me le
mot MAIS sont utilisés des mots abstraits tels « édifice ou design » où partout il s’agit
du m me style, où rien ne différencie un lieu d’un autre, où celui qui construit va jusqu’à
la préoccupation d’annihiler toute différence, tout doit tre identique !
R PI S écrivait d s 193 :
« une fracture avec le Passé s’est ouverte et nous permet d’individualiser un aspect nouveau
de l’Architecture qui correspond à la civilisation manifestement technique dans laquelle
nous vivons. » « La morphologie des styles M TS est irrémédiablement dépassée ».
En fait, l’ignorance du Passé, m me comme patrimoine à observer et à préserver, est
un obstacle à la création d’un tissu urbain continu qui relierait les lieux dans une même
harmonie l’impact de l’Architecture ouvelle crée une faille définitive.
Le « gigantesque » a profondément impacté les lieux chaque architecte est confronté
à l’obligation de réaliser un bâtiment plus grand, plus haut, plus surprenant que celui de
son confrère « on dit que c’est l’érotisme de l’Architecture au service du Pouvoir » c’est
un futur devenu présent qui nous entraîne avec lui il transporte A GE T et P I à
l’image du luxe fondé sur le IDE.
Le changement est plus net encore .
Les modules utilisés étant répétitifs et les matériaux d’origine mondiale, quel que soit
l’endroit où nous nous trouvons, nous avons systématiquement l’impression d’ tre toujours
au m me endroit actuellement toute construction dite contemporaine n’en est qu’une
version « pauvre » dans cette lande désolée de constructions anonymes et dévastatrices,
surgit « le GIGA TES E ».
Aujourd’hui, nous assistons à la version « pauvre de l’Architecture contemporaine ».
Les architectes, pour se démarquer ainsi, ont été amenés à construire des objets déme-
surés face à la technologie : l’invention de l’ascenseur qui date de la fin du I siècle a
e
considérablement modifié les valeurs de l’habitat. ne valeur s re, vivre au contact de la
« terre » (rez ou 1 étage au maximum) est devenu un lien sombre et opprimant.
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Le désir de grandeur était assujetti à une grande préoccupation de l’ BA ISME et soumis
aux lois classique de l’Architecture. La disparition de ces éléments dès la seconde moitié du
siècle a provoqué l’application généralisée du « gigantesque » partout dans le monde!
e
travers ces constructions, c’est à dire « qui ne crée aucun endroit de rencontre » celles-
ci poussent au beau milieu d’un pays, pleines de présomption : Musées (de rien), gares,
auditoriums, stades, bureaux mais pratiquement AMAIS de maisons.
L’habitation véritable enjeu de l’Architecture n’est pas prise en considération, si ce n’est
comme une « affaire privée » de moindre intér t. Les formes prises par ces b timents sont
le reflet de l’argent avec lequel ils ont été construit et non d’une fonctionnalité bien pensée.
Ils ne prennent pas soin de l’ omme. Ils n’ont pas de MÉM I E, ne vieillissent pas et
n’engagent aucun dialogue avec le TEMPS , sont le reflet d’un monde qui a cessé de
vouloir exister sur terre.
Ce que nous avons en mains désormais ce sont des choses vides et indifférentes : « n
a perdu la mesure des choses »
Extraits de Les Lieux et La Poussière de R. Peregalli.
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