Après une livraison et une certification de la phase 1 dans les prochains mois, le nouveau CHPG ouvrira ses portes aux premiers patients fin 2026.
Avec ses 107 000 m² de surface, ses dix étages et un coût global estimé à 1,3 milliard d’euros (selon les dernières estimations), le nouveau Centre Hospitalier Princesse Grace (CHPG) incarne l’un des projets hospitaliers les plus ambitieux de la région. Sa mise en service progressive débutera fin 2026, avant une ouverture complète prévue à l’horizon 2032.
Le chantier est complexe. « Construire un hôpital est toujours un défi. Ici, il a fallu composer avec une contrainte majeure : l’exiguïté du site », explique Vincent Chaigneau, architecte chez AIA Life Designers. Pour rendre possible l’implantation du bâtiment, l’avenue Pasteur a été dévoyée, permettant de dégager un vaste socle rectangulaire. Celui-ci accueille six niveaux de parkings, des zones techniques, logistiques, les urgences, l’imagerie et les circuits de livraison, avant de déboucher sur un belvédère servant de socle à l’hôpital proprement dit. L’établissement se développe ensuite verticalement, une rareté pour un hôpital. « Habituellement, ces programmes s’étalent à l’horizontale. Ici, tout a dû être concilié en hauteur », souligne l’architecte. Pour alléger la perception de ce volume massif, les concepteurs ont imaginé une façade ondulante de brise-soleil fixes et mobiles : une « robe haute couture », clin d’œil à la Princesse Grace. Cette enveloppe protège du soleil, facilite la maintenance et permet l’intervention des pompiers en cas d’incendie.
Le bâtiment repose sur une structure béton largement surdimensionnée : un radier d’1,10 mètre d’épaisseur, entièrement ferraillé, et un joint de dilatation de plus de 15 centimètres traversant l’ouvrage. « C’est le dernier bâtiment qui doit tenir en cas de séisme », insiste Patrick Hardy directeur des travaux du CHPG chez AIA Life Designer. Tous les réseaux — eau, électricité, énergie — sont doublés, afin de garantir une continuité de service totale, même en situation extrême.
À l’intérieur du premier bâtiment (phase 1 – 230 lits), un code couleur simple — bleu côté mer, vert côté terre — aide à l’orientation. Les 14 blocs opératoires bénéficient de parois modulaires facilitant l’évolution des équipements tout en préservant l’asepsie. 85 % des chambres seront individuelles (13 m2), certaines prenant la forme de suites premium avec vue sur la mer (36 m2 avec chambre et salon). Doté d’équipements médicaux de dernière génération, le nouvel hôpital accueillera notamment une unité de neurologie, une chirurgie ambulatoire de 22 places reliée directement au bloc, ainsi qu’un service d’urgences renforcé par un scanner sur site. Ce projet ambitieux fait également parler de lui par son coût. Au conseil national, le président de la commission des finances, Franck Julien, a tiré la sonnette d’alarme lors du budget rectificatif 2025 : «90 millions d’euros supplémentaires ont été inscrits au compte d’investissement du nouveau CHPG en 2025, portant le total à 200 millions. « Cela porte le crédit global à 1,3 milliard, soit le double du montant initial prévu en 2013. » Et ce alors que « les dépenses de fonctionnement de l’hôpital dépassent les 300 millions d’euros, et le déficit équivaut à 150 000 euros par lit et par an. » La subvention d’équilibre qui