C’est une histoire qui commence à Monaco mais qui respire la Californie.
En 1984, Daniel et Véronique Flachaire s’associent à la styliste américaine Nat Moari et à Bernard Donati pour créer une marque de maillots de bain au style solaire et coloré : Banana Moon. Leur intuition : importer l’esthétique décontractée des plages de Los Angeles sur les rivieras européennes. Plutôt que d’investir dans un réseau de boutiques coûteux, elle confie ses collections à des points de vente multimarques situés sur la Côte d’Azur. Cette approche « asset-light » lui permet de maximiser la visibilité tout en limitant les risques. Aujourd’hui, ce réseau reste le cœur du modèle économique : près de trois quarts des ventes proviennent encore de ces multimarques. La société revendique 2 000 points de distribution dans 18 pays, renforcés par une quarantaine de boutiques en propre ou en affiliation. Pour doper son marché B2C (destiné aux consommateurs finaux), la marque a misé sur le numérique. « Plus de 40% des achats se font aujourd’hui sur mobile. Il était essentiel d’adapter notre site internet et de développer une application mobile native la plus ergonomique possible pour une jeune clientèle », note Bernard Donati. Parallèlement, Banana Moon a diversifié son offre. Dès 2006, une ligne couture a été imaginée pour séduire une clientèle plus mûre, tandis que la gamme Teens, lancée en 2012, s’adresse aux adolescentes. Sur le plan financier, le groupe MC Company, fondé par les créateurs de Banana Moon et également propriétaire de la marque Livia Monte Carlo, affiche un chiffre d’affaires annuel compris entre 30 et 35 millions d’euros. L’effectif dépasse les 400 collaborateurs, dont une centaine à Monaco. Des résultats qui permettent d’envisager l’ouverture de marchés à fort potentiel comme les États-Unis, le Mexique, le Moyen-Orient ou l’Australie.