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Cette stratégie a-t-elle entraîné une meilleure rentabilité ? De quel Si les investissements n’étaient pas lisibles et performants, il est peu
ordre ? probable qu’ils recevraient de la part des membres de la Commission
La rentabilité peut dépasser 10% par an sur un segment comme le une adhésion forte.
private equity. La seule chose qui est sacrifiée, c’est la liquidité, puisque
l’investisseur s’engage sur la durée. Mais sur les investissements Le FRC est-il un budget bis ?
immédiatement exigibles et liquides, comme les fonds diversifiés, une Il a pu être ainsi présenté par le passé, mais ma réponse est non. Ce
rentabilité de 5-6% par an est un objectif raisonnable. En termes de sentiment est né de certaines opérations qui auraient pu, ou dû, être
stratégie, il faut imaginer qu’au couple rentabilité/risque, on intègre financées par le budget de l’Etat, mais ne l’ont pas été, car les sommes
une troisième dimension, la liquidité. Ainsi des fonds moins liquides, équivalentes n’avaient pas été initialement inscrites. Aujourd’hui, de
en diversifiant le risque, peuvent à la fois accroître la rentabilité et telles opérations entraîneront dans tous les cas une rémunération qui
diminuer la volatilité. serait versée par le budget au FRC, si une avance est effectuée par l’un
Nous avons pu ces dernières années accroître le montant du fonds au profit de l’autre. L’objectif est bien que les dépenses de l’Etat soient
de réserve, car nous avons connu des excédents budgétaires et des dans la très grande mesure du possible inscrites au budget annuel de
performances positives du fonds chaque année. Sauf en 2011 qui l’Etat, et votées par le Conseil National.
s’est soldée par un déficit budgétaire et une baisse des marchés, soit
le pire des scénarii.
Aujourd’hui, les résultats du fonds sur 2020 sont satisfaisants avec
à ce jour [NB : au 12 novembre] une performance positive, mais il est
probable que l’année ne se termine pas sur un excédent budgétaire…
Quelle est la part de la finance verte et responsable dans le FRC ?
La partie « verte » a commencé au tournant des années 2000, avec deux
fonds, ME2D et Monaco ECO +, qui n’ont pas reçu une large adhésion
publique. Mais pour ainsi dire la graine était plantée à une époque, où
il était de bon ton de penser que le durable ne pouvait pas ou ne devait
pas représenter plus de 3% d’un portefeuille, ou bien que ce type d’inves-
tissement sous-performait les autres… Personnellement, je n’ai jamais
adhéré à cette thèse. En 2009, a été intégré un compartiment alloué au
développement durable avec de petites capitalisations. Aujourd’hui, la
finance durable et sociale représente entre 15 et 20% du portefeuille.
Et cette enveloppe va-t-elle beaucoup augmenter ?
Nous avons confié un audit du FRC à un consultant extérieur pour définir
les axes d’amélioration. Au lieu d’allouer un pourcentage du fonds aux
placements vertueux, mon ambition est de le « verdir « complètement
et de durabiliser les investissements historiques. Imaginez un FRC de
2,5 milliards, géré à 80%, voire à 100%, de manière durable. Vous dé-
ployez des capitaux sans commune mesure avec une simple stratégie
d’allocation de X% à ce segment.
L’idéal serait que les capitaux de la place bancaire soient déployés le
plus possible dans des investissements durables. Monaco deviendrait
ainsi un centre à part entière de finance durable.
Aujourd’hui, il y a davantage de transparence. Il y a encore quelques
années, la gestion du fonds de réserve était taboue ?
En tout cas pour le grand public. Mais dans les faits, de par la créa-
tion, il y a des décennies de la Commission de Placement de Fonds,
présidée par le Ministre d’Etat, le Gouvernement doit rendre compte de
cette gestion à des fonctionnaires comme le Contrôleur Général des
Dépenses et aux élus du Conseil National ! Durant ces 3 ou 4 réunions © Depositphotos/skypistudio
par an, sont présentés les investissements opérés, les préconisations
d’achat ou de cession, pour la partie immobilière ou la partie liquide.
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