Page 40 - Monaco Economy 117
P. 40

Zoom







       Jean Castellini

       « Imaginez un FRC de 2,5 milliards, géré à 80%,

       voire à 100%, de manière durable ! »                                      Propos recueillis par Milena Radoman



       Le Fonds de Réserve Constitutionnel représente un matelas financier pour l’Etat monégasque. L’objectif
       de Jean Castellini, ministre des Finances et de l’Économie, est aujourd’hui de le « verdir complètement ».



       Historiquement, quelles sont les origines du Fonds de Réserve
       Constitutionnel ? Qui a eu l’idée ingénieuse de créer ce bas de laine
       pour la Principauté ?
       Il remonte à la Constitution de 1962. Une disposition de la loi fonda-
       mentale prévoit que les excédents du budget sont alloués au FRC, et
       qu’on y puise, si nécessaire, le montant du déficit. Les premiers fonds
       souverains ont été créés dans les années 1950, dans les pays du golfe.
       Il s’agissait de gérer et faire fructifier, comme plus tard en Norvège,
       les excédents liés à l’exportation de pétrole. A Monaco, nous n’avons
       pas de recettes liées à des ressources naturelles ; nous avons alors
       constitué une réserve avec notre propre « or noir », à savoir les excédents
       budgétaires résultant de notre saine gestion des finances publiques, et
       avant tout de l’absence d’endettement.

       Le Fonds norvégien, premier fonds souverain mondial, pèse quasi-
       ment 1000 milliards de dollars. Il est présent au capital de quelque
       9 200 entreprises, et détient l’équivalent de 1,5% de la capitalisation
       boursière mondiale. Comment fonctionne le FRC monégasque ?
       Globalement, le FRC est composé pour moitié – soit 2,5 milliards
       d’euros - d’actifs liquides et pour moitié d’actifs illiquides – soit 2,5
       milliards d’euros.
       La partie illiquide comprend essentiellement de l’immobilier (les
       ambassades de Monaco à Londres et New York par exemple ou des                                       © Michael Alesi – Direction de la Communication
       immeubles domaniaux, NDLR), des actions inaliénables (notamment
       de la Société des Bains de Mer), la participation de l’Etat monégasque
       dans l’aéroport de Nice, une réserve d’or.
       La partie liquide est principalement composée d’actions et d’obligations,
       investies par le biais de fonds de droit monégasque ou des fonds
       ouverts de droit étranger.                         Quelle est la répartition actions/obligations ?
                                                          Pour les fonds dits diversifiés, la majorité est en obligations et 30%
       Comment a évolué la gestion de cette partie liquide ?  maximum en actions. Pour les fonds spécialisés, elle dépend de la
       Historiquement, nous avions délégué la gestion du fonds à des sociétés   classe d’actif sélectionnée.
       de gestion filiales de grands établissements bancaires de la Principauté.
       En 2009, nous avons opéré la première diversification des avoirs du FRC :   Cette diversification s’est accentuée ?
       70% de l’enveloppe en gestion historique et 30% en gestion spécialisée.   Après ma nomination au gouvernement, il a été décidé d’investir dans
       Un consultant missionné par le Gouvernement avait préconisé de choisir   d’autres classes d’actifs en poursuivant cette recherche de rentabilité :
       des gérants spécialisés par secteur (marchés émergents, investissements   absolute return sans benchmark, stratégies de gestion passive avec un
       durables, etc.). Nous avons aussi introduit la gestion quantitative (les   objectif de réduire les coûts et de mettre les gérants sélectionnés en
       approches quantitatives exploitent des modèles mathématiques pour   concurrence, stratégie de private equity, notamment en privilégiant les
       construire des portefeuilles moins risqués, NDLR).  investissements durables…


     40
   35   36   37   38   39   40   41   42   43   44   45