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What Else?
« La Culture ou les frontières
de l’Espace Privé vers l’IDENTITÉ. »
par Suzanne Belaieff
La culture naît de la rencontre de deux éléments, qui ne la contiennent ni l’un ni l’autre ;« l’âme
subjective et les créations de l’Esprit objectif »
L’individu ne peut exister seul…
C’est par la relation du moi à l’autre qu’il consent à exister dans un monde définissable ainsi. Là
l’idée de liberté individuelle n’a pas de sens.
En effet, le Sens Social est constitué des relations par lesquelles se construit toute IDENTITÉ.
L’individu est toujours à construire et ne cesse de se projeter dans l’avenir, sa frontière étant
un horizon.
Comme l’esprit scientifique, l’esprit sait que la vérité est toujours à conquérir, l’idée du progrès
n’est que simple constat des insuffisances du présent et des frontières à franchir pour être en
mesure de rechercher des solutions, l’espoir est alors de les faire bouger.
Les êtres en « exode » ne peuvent qu’évoquer leurs racines, leurs traditions et leur Culture. Nous
avons beaucoup à apprendre de ces diverses Cultures, ceci pour autant que nous parvenions à
entendre et comprendre. En effet, nous avons besoin de retrouver le sens du temps et de l’his-
toire pour identifier les nouvelles frontières que l’on perçoit à l’horizon ceci pour lutter contre le
cloisonnement qui se développe sous le couvert de la globalisation.
La science nous invite à regarder les frontières des autres entre la matière et la vie qui dessinent
l’horizon scientifique de notre siècle qui commence ; cette nouvelle frontière est aussi l’horizon de
l’humanité ; cette révolution éducative mondiale devra associer tous les humains et cette nouvelle
aventure. « C’est dans chaque individu que la notion Culturelle prend un sens » et chaque individu
pourra être défini comme une synthèse originale et unique des Cultures subtiles du Monde.
Mais ce n’est qu’à l’aide d’un code que nous accédons à la consommation et les vues aériennes
nous habituent à une vue globale des choses, ces images quotidiennes sont celles d’un Monde
« global » qui se présente comme sans frontières jusqu’à en abolir les lieux traditionnels.
Mais l’idéal d’un Monde sans frontière n’a rien à voir avec les frontières qui sont pour nous un
appel à la curiosité et au départ soit autant d’appels à l’aventure et à l’avenir. Le respect de ces
frontières sont un gage de paix, l’idée qu’elles peuvent se franchir dans les deux sens est à
l’image de la relation entre les uns et les autres, entre les vivants et les morts.
Ainsi la dissolution de la personne dans l’image de l’autre amène à confondre connaissance et
reconnaissance de l’image : nous avons grand besoin des « résistances de l’autre » vraiment
« autre » pour construire et développer notre IDENTITÉ ; identifier les frontières de l’autre pour
identifier les nôtres !
Attention, définir sous un même terme des individus qui ont quelque chose « en commun » c’est
créer une « identité illusoire » ; c’est dans chaque individu que la notion de diversité prend un
sens : « ce sera convenable lorsque l’on pourra définir chaque individu comme une synthèse
originale et unique des Cultures du Monde. »
« Parce que la communauté n’est qu’illusoire, »
« Parce que là où on aurait pu construire en misant sur des architectures écologiques et pay-
sagères, ce sont encore le béton, l’acier et le verre malgré le coût énergétique et les dégâts
collatéraux , ce qui révèle une soumission à l’économie. »
Parce que « les grands projets » favorisent irrémédiablement l’enfermement et l’assujettissement.
Extraits de : La Tragédie de la Culture de G.Simmel; La Communauté illusoire de M. Augé; Désastres Urbains de T.Paquot
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