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LA PERCEPTION par Suzanne Belaieff
De l’EXPÉRIENCE de L’ESPACE
L’ESPACE « à pied » a attiré notamment les Architectes, Urbanistes, paysagistes.
La place donnée au corps par les espaces urbanisés.
La promenade qui semble à priori banale et insignifiante devrait être prise avec intérêt.
Par-delà la variété des approches, ces travaux poursuivent une même quête de « ce qui dans
l’espace fait sens » en tant qu’espace, nous retrouvons le sens qui n’est pas une particularité
d’une forme physique telle qu’elle peut être « décrite en plan et coupe » mais telle qu’elle
apparaît à celui qui l’habite et la parcourt.
La perception et son sens, c’est à dire le sens au niveau social et culturellement, on peut
même dire ce qu’est le monde du « sentir », l’être doué de mouvement « agit » avec l’espace,
c’est donc par les mouvements que l’on forme sa pensée non verbale, c’est ainsi que l’espace
s’acquière ; c’est ainsi que le monde qui m’entoure fait « sens » pour moi.
La conscience est à l’origine pas un JE PENSE, mais un « je peux ».
En conséquence, c’est en tant qu’être percevant, sentant et capable de m’ouvrir que l’on reçoit
le monde et qu’en conséquence, on lui donne un sens, « le sens est ainsi restitué comme
accompagnant le sujet vers un but et qui est déterminé par lui ».
Le « sens du mouvement » exige que le cerveau reconstruise le mouvement du corps et de
et de l’environnement de façon cohérente.
Parler de perception en séparant les sens n’a plus de sens.
La perception doit être comprise comme « une attitude, une préparation à l’acte ».
L’acte qui est une intuition d’interagir avec le monde « se fait organisateur de la perception
ou du monde perçu. »
La promenade est un « acte de construction de sens » requérant la compétence du promeneur.
Le texte est lu « pas à pas ».
L’espace, comme le texte, écrit est là et attend son lecteur.
Une telle approche ouvre à l’appréciation esthétique, par exemple tout simplement à un
croisement d’allées que nous devons contourner. Les décisions perpétuelles, motrices sont
autant de moments de dialogues entre l’espace et le promeneur ; l’œuvre d’Art obtient alors
la perception qu’elle sollicite et qu’elle mérite.
Percevoir l’architecture et la ville est quotidien et permanent, nous vivons dans des espaces
architecturaux et urbains que nous pratiquons de manière habituelle, qui nous amène à
fréquenter des espaces en fonction de nos besoins ; nous sommes engagés dans cette relation
à l’architecture et à la ville et nous avons accès à ces perceptions ; elles nous accompagnent
et nous permettent d’agir dans l’espace.
Après lecture infolio: perception/architecture/urbain
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