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principauté se placerait à la 10 place loin devant la moyenne de l’OCDE
e
qui est à 12,6%. En revanche, les écarts en faveur des hommes sur le
salaire mensualisé brut moyen (28,5%) et sur le salaire horaire moyen
(20,9%) laisse entrevoir une marge d’amélioration. A titre de comparaison
en région PACA, les hommes ont un salaire horaire moyen supérieur de
17,3% par rapport aux femmes », analyse Céline Cottalorda, déléguée
interministérielle en charge des droits des femmes.
Autre chantier délicat : la reconnaissance du statut de « cheffe de
foyer » pour les femmes du secteur privé. Si ce statut est appliqué
chez les femmes fonctionnaires et agents de l’État et de la Commune,
les travailleuses indépendantes et du secteur privé n’y ont pas droit.
Christine Pasquier espère bien que ce dossier, qui nécessite de négocier
avec la France pour faire évoluer la convention franco-monégasque,
avance rapidement.
La lutte contre les violences domestiques sera également une priorité.
Le projet de loi 1074, prévoyant la création d’un fonds d’indemnisa-
tion des victimes d’infractions pénales, « est le premier texte que va
étudier ma commission. Cela servira à toutes les victimes (hommes,
femmes et enfants) mais cela s’adresse principalement aux femmes
et enfants victimes de violences. Cela permettra à l’État de se subs-
tituer par subrogation à l’agresseur pour indemniser les victimes
des traumatismes subis. Ce sera une grande avancée », a expliqué à
Monaco-Matin Christine Pasquier-Ciulla, qui s’attellera également à la
création d’indemnités pour congé maternité des femmes travailleuses
indépendantes et au dépoussiérage de la loi sur le divorce, avec une
éventuelle introduction du divorce « sans faute ». Dans cette interview
au quotidien local, l’élue n’a pas caché qu’elle espérait, à titre personnel,
« qu’un jour, l’IVG puisse être pratiquée à Monaco ». Une déclaration
Installation du nouveau Conseil National. 16-02-2023 qui vient en écho avec la manifestation silencieuse organisée le 8
mars par Juliette Rapaire, candidate féministe de la liste Nouvelles
Idées pour Monaco (NIM) aux dernières élections. « A Monaco, l’IVG
est accessible pour les femmes qui souhaitent le pratiquer à l’étranger
car en Principauté, la loi maintient les sanctions (cinq à dix ans de
prison) pour tout professionnel de santé pratiquant un avortement
sur le territoire. Cet acte loin d’être anodin n’est pas remboursé par
les caisses sociales : si vous souhaitez vous faire avorter en tant que
Monégasque ou résidente du territoire, il faut minimum débourser
480€ en liquide (cela peut monter jusqu’à 2 000€ selon les praticiens). © Depositphotos/nemez210769
Autrement dit, l’avortement à Monaco, c’est comme une triple pleine :
honteux, à pratiquer dans le pays voisin et onéreux », a ainsi déclaré
Juliette Rapaire. On verra si ce dossier épineux à Monaco, État catho-
lique, reviendra au sein de l’assemblée lors de ce mandat. de dogmes que nos interlocuteurs pourraient se borner à réclamer
en boucle. Du côté de Monaco, l’application pure et simple de ces
LE dossier majeur : l’Europe principes à notre Pays en signifierait sa fin. (…) A 52 000 euros le m 2
« Nous serons là pour que Monaco ne courbe pas l’échine, nous serons moyen, à peu près aucun Monégasque «normal » ne pourrait vivre en
là pour protéger notre communauté nationale de toute atteinte à ce Principauté sans préférer émigrer en France. La priorité nationale pour
qui fait son ADN, nous serons là pour défendre pied à pied chaque l’emploi n’est pas une demande d’égoïstes soucieux de ses privilèges,
élément constitutif de notre modèle économique et social, ce modèle elle permet seulement à une population « normale » de demeurer
envié de beaucoup, et forcément parfois incompris. » Dès le premier dans son Pays sachant que ce sont en vérité les 3/4 de la population
discours du mandat, Brigitte Boccone-Pagès a répété son attachement active monégasque qui serait impactée par une remise en cause de
aux fameuses « lignes rouges » fixées dans le cadre de la négociation cette règle faisant figure de gros mot en Europe. Nos aides sociales
d’un accord d’association avec l’Union Européenne. Tout comme seraient également toutes à repenser car fondées sur un critère de
Régis Bergonzi, qui a livré une position tranchée sur la négociation la nationalité totalement proscrit en Europe. (…) Les Anglais ont un
en cours avec l’Union Européenne: « C’est de notre participation au proverbe selon lequel on ne doit pas réparer quelque chose qui marche.
marché commun dont il est ici question. Et les 4 libertés de circulations Alors regardons désormais sur quoi on peut se mettre d’accord sans
des Biens, des Personnes, des Services et des Capitaux sont autant risquer notre survie. »
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