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              COFACE : À chaque pays son risque                                                             par Milena Radoman



              Instabilité politique,  corruption,  expropriation,  mais aussi  conditions climatiques extrêmes,
              risques sanitaires… La notion de risque pays  est devenue essentielle  dans un  contexte de
              mondialisation.


              Quelle est la liquidité et la solvabilité d’un                           Espagne, France et Royaume-Uni notamment
              pays? Sa gouvernance est-elle bonne ou                                   - en raison du contexte géopolitique, de la
              corrompue? Ou encore quelle est l’efficacité                             hausse de l’inflation et des taux d’intérêts ou

              de ses tribunaux pour tout règlement de                                  encore de la crise de l’énergie. L’explication?
              dettes? Voici les questions que se pose une                              « La guerre exacerbe les tensions sur un sys-
              entreprise lorsqu’elle souhaite investir ou                              tème productif déjà fortement mis à mal par
              exporter dans un pays. C’est pourquoi de                                 deux ans de pandémie, et renforce le risque
              nombreux organismes comme la COFACE cal-                                 d’atterrissage brutal de l’économie mon-
              culent le risque pays. La COFACE, qui garantit                           diale. » « La situation est assez inquiétante,
              les créances nées d’une opération de vente                               analyse Jean-Christophe Caffet. On assiste
              par un exportateur français à un acheteur                                à un ralentissement simultané dans tous les
              étranger et s’occupe de la couverture des                                pays. On est dans un scénario de stagflation
              risques que courent les exportateurs, propose                            au niveau mondial, la stratégie zéro covid en
              aujourd’hui une évaluation de 162 pays sur                              © COFACE  Chine continuant de perturber les chaines de
              une échelle de 8 niveaux : A1, A2, A3, A4, B,                            production mondiales. La croissance mondiale,
              C, D, E. « L’évaluation se base sur des critères   Jean-Christophe Caffet, économiste en chef / chief economist  qui sera de moins de 3% cette année, sera
              macroéconomiques (risque économique et                                   probablement en dessous de 2% en 2023.

              social, politique, bancaire, financier, environnemental) et microécono-  Elle viendra uniquement des pays émergents, l’Europe étant rentrée

              miques. Notre modèle compile énormément de données fiables (FMI,   en récession tandis que les Etats-Unis et le Japon enregistreront une
              banques centrales, marchés, Banque mondiale) auxquelles s’ajoutent   croissance très faible. »
              des données internes portant sur l’expérience de paiement, la sinistra-  Au-delà de la crise de l’énergie, l’objectif de neutralité carbone est
              lité des entreprises… », explique Jean-Christophe Caffet, économiste   prégnant à terme. « S’il n’y a pas d’énergie, il n’y a pas de croissance.
              en chef à la Coface, rappelant que le réchauffement climatique est   Et l’exploitation des ressources en hydrocarbures étant limitée,
              de plus en plus pris en compte. « Le risque environnemental prend   pour des raisons climatiques et de disponibilité des ressources,
              aussi bien en compte les risques physiques (pollution, inondations…)   la croissance l’est de facto aussi, rappelle l’économiste en chef.
              que les risques de transition (qualité des solutions mises en œuvre,   Si on veut tenir l’objectif climatique d’une élévation des tempéra-
              introductions de nouvelles régulations…). »            tures inférieure à 2°C, il faut actionner tous les leviers: efficacité,
                                                                     décarbonation, stockage du CO , auxquels il faudra donc ajouter
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              Guerre en Ukraine: Baisse de l’évaluation de 19 pays   une forme de sobriété. Il faut d’ailleurs rappeler que dans la plu-
              Pour son baromètre du deuxième trimestre 2022, la Coface a procédé   part des scénarios de transition, les émissions nettes de CO  sont
                                                                                                                     2
              à la baisse de l’évaluation de 19 pays, dont 16 en Europe – Allemagne,   négatives après 2050. »

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               Si Monaco ne figure pas dans le baromètre trimestriel de la Coface - tout comme les autres micro-Etats -, le risque du pays est pourtant
               bel et bien calculé. « Pour l’évaluation de la Principauté, le benchmark, c’est la France car les territoires des deux pays sont imbriqués. A
               Monaco, les données économiques sont limitées. Il manque des sondages sur la confiance des ménages et des entreprises par exemple

               ainsi que des statistiques en temps réel… » explique Bruno de Moura Fernandes, responsable de la macroéconomie chez Coface. Tout
               en précisant que « l’évaluation de Monaco reste autonome ». En clair, si la France a un problème de dette publique, la notation de la

               Principauté, où les finances publiques sont saines et le fonds de réserve constitutionnel solide, ne sera pas automatiquement dégradée.
               Résultat: « L’évaluation de Monaco, qui était en A2, a été dégradée en A3 à l’instar de la France, l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne ou en-
               core l’Autriche, en raison de l’impact du conflit russo-ukrainien sur le tourisme russe et l’immobilier par exemple. La construction est très
               importante à Monaco et représente 13% du PIB. C’est un secteur à risque par excellence quand les taux d’intérêt montent… » En revanche,
               les cours des métaux, importants dans la construction, s’étaient envolés au début de la guerre mais sont retombés cet été. La Russie
               étant l’un des principaux producteurs de métaux, on craignait qu’il n’y ait pas assez de métaux pour tout le monde. Or, la crise immobilière
               en Chine a changé la donne. La Chine qui représente 60% de la demande mondiale d’acier a en effet enregistré un net ralentissement de
               son activité », indique l’économiste.
               Côté microéconomique, les entreprises notées implantées à Monaco sont, entre autres, des filiales du groupe cosmétiques Coty et Lan-

               caster, des laboratoires pharmaceutiques ou encore des acteurs du trading pétrolier (Dan-Bunkering) et de la construction (Richelmi).


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