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LEADER
Quelle est la part du budget de l’État dédiée à l’aide au développement ? La Coopération de Monaco doit jouer un rôle d’amortisseur des effets de
Le montant global de l’APD est passé de 1 million d’euros annuel au milieu multiples contraintes (pandémies, conflits, crises, changements clima-
des années 2000 à environ 21,5 millions d’euros en 2022. Ce montant tiques, insécurité alimentaire) qui pèsent avant tout sur les populations
sera en constante augmentation pour la période les plus vulnérables.
triennale à venir. La coopération au développe- « Le montant
ment représente 80 % du total de l’APD. Les 20 % Où en sont les négociations avec l’Union
restants, tout aussi importants, sont consacrés à global de l’APD européenne ?
soutenir les positions politiques de la Principauté est passé de 1 Nous négocions depuis 2015 un accord d’as-
dans les enceintes internationales, notamment sociation, qui consiste à définir sous un aspect
en ce qui concerne les droits humains, la paix, million d’euros stable et pérenne, le futur cadre de nos relations
la sécurité et l’environnement. avec nos voisins européens. Lobjectif est de faire
’
Rapporté à notre population, cela nous place annuel au milieu reconnaître que Monaco, en tant que Cité-État,
régulièrement vers le haut des listes établies par des années 2000 doit pouvoir préserver son identité nationale et
les Organisations internationales. Par, exemple, son modèle économique dont le dynamisme
Monaco se classe en 2022 au premier rang des à environ 21,5 profite à toute la région. Notre situation est unique
États donateurs du Haut-Commissariat aux Ré- au monde : un territoire contraint, une population
fugiés per capita, illustrant concrètement notre millions d’euros nationale minoritaire dans son pays et une forte
engagement en faveur des droits des personnes en 2022. » attractivité internationale. C’est tout l’enjeu de
réfugiées. C’est également le cas avec le Pro- cette négociation et c’est la position que nous
gramme Alimentaire Mondial qui agit contre la défendons depuis l’origine, conformément aux
faim. Il convient de remarquer que ces deux exemples (réfugiés et aide instructions du Prince Albert II.
alimentaire) font hélas écho aux conséquences de la guerre menée par la Nous avons bien avancé sur les points techniques dans le contexte de
Russie contre l’Ukraine et à la période de grande sécheresse qui sévit depuis l’examen de la reprise de l’acquis européen. L’équipe de négociation
plusieurs mois dans une partie du monde renforçant malheureusement côté européen a changé fin 2021 et nous espérons pouvoir aborder
les perspectives de famines qui pourraient survenir dans de nombreux cette année une discussion politique avec la nouvelle unité en charge
pays, principalement en Afrique et dans les pays arabes les plus pauvres. de notre dossier pour avoir une vision sur l’avenir des négociations.
La priorité est donc de lutter contre la pauvreté ? Comment et dans
quels pays ?
Répondant aux Objectifs de développement durable de l’ONU, le principal
objectif de la politique de coopération au développement menée par le
Gouvernement Princier est de lutter contre la pauvreté en favorisant l’accès
des plus vulnérables à leurs droits fondamentaux : la santé, la sécurité
alimentaire et nutritionnelle, l’éducation/protection de l’enfance et l’accès
au travail décent. Ces droits sont souvent bafoués et il est de notre devoir
d’agir pour la dignité et le développement de chacun. Nos interventions
sous la forme de projets menés par des partenaires efficaces ciblent tout
particulièrement les groupes les plus vulnérables dans 11 pays prioritaires
situés essentiellement en Afrique et à Madagascar : les enfants, les femmes,
les personnes en situation de handicap, les personnes réfugiées/déplacées.
Ces actions s’inscrivent sur le long terme ?
La Direction de la Coopération Internationale est en charge de la coopéra-
tion au développement. Ses réalisations sont guidées pour des périodes
de trois ans par un plan stratégique qui en définit les lignes maîtresses.
L’augmentation importante des moyens consentis s’inscrit dans un
contexte où, pour la première fois depuis plus de vingt ans, l’extrême © Direction de la Coopération Internationale au Burkina Faso
pauvreté a augmenté, notamment en 2020 sous les effets des consé-
quences de la pandémie de COVID-19. Selon l’Organisation des Nations
Unies, une décennie de développement aurait été balayée dans les pays
les plus pauvres. Sans parler des conséquences du conflit en Ukraine….
La coopération monégasque est engagée auprès des populations vulnérables en Afrique via le financement de projets dans des domaines variés tels que la santé, la nutrition, ou la sécurité alimentaire.
En 2018, le Prince souverain Albert II de Monaco a effectué une visite d’amitié et de travail au Burkina Faso. Un séjour qui a permis de parcourir différents domaines de la Coopération entre les deux pays.
En 2020, compte tenu de l’épidémie de Covid-19, la Direction de la Coopération Internationale a mis en place un système exceptionnel d’aides d’urgence dans ses pays partenaires: Afrique du Sud, Burkina Faso, Burundi,
Liban, Madagascar, Mali, Maroc, Mauritanie, Niger, Sénégal et Tunisie.
Sur les 388 millions d’enfants qui reçoivent un repas scolaire dans le monde, seuls 53 millions d’enfants (13%) sont en Afrique sub-saharienne. La DCI soutient les programmes d’alimentation scolaire, qui contribuent à la
solidité des systèmes alimentaires locaux (soutien aux petits producteurs, coopératives et groupement de femmes, achats locaux, diversification des aliments).
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