Page 12 - Monaco Economy 123
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LEADER




          Quelle est la part du budget de l’État dédiée à l’aide au développement ?  La Coopération de Monaco doit jouer un rôle d’amortisseur des effets de
          Le montant global de l’APD est passé de 1 million d’euros annuel au milieu   multiples contraintes (pandémies, conflits, crises, changements clima-
          des années 2000 à environ 21,5 millions d’euros en 2022. Ce montant   tiques, insécurité alimentaire) qui pèsent avant tout sur les populations
          sera en constante augmentation pour la période                           les plus vulnérables.
          triennale à venir. La coopération au développe-  « Le montant
          ment représente 80 % du total de l’APD. Les 20 %                         Où en sont les négociations avec l’Union
          restants, tout aussi importants, sont consacrés à   global de l’APD      européenne ?
          soutenir les positions politiques de la Principauté   est passé de 1     Nous négocions depuis 2015 un accord d’as-
          dans les enceintes internationales, notamment                            sociation, qui consiste à définir sous un aspect
          en ce qui concerne les droits humains, la paix,   million d’euros        stable et pérenne, le futur cadre de nos relations
          la sécurité et l’environnement.                                          avec nos voisins européens. Lobjectif est de faire
                                                                                                        ’
          Rapporté à notre population, cela nous place   annuel au milieu          reconnaître que Monaco, en tant que Cité-État,
          régulièrement vers le haut des listes établies par   des années 2000     doit pouvoir préserver son identité nationale et
          les Organisations internationales. Par, exemple,                         son modèle économique dont le dynamisme
          Monaco se classe en 2022 au premier rang des   à environ 21,5            profite à toute la région. Notre situation est unique
          États donateurs du Haut-Commissariat aux Ré-                             au monde : un territoire contraint, une population
          fugiés per capita, illustrant concrètement notre   millions d’euros      nationale minoritaire dans son pays et une forte
          engagement en faveur des droits des personnes   en 2022.  »              attractivité internationale. C’est tout l’enjeu de
          réfugiées. C’est également le cas avec le Pro-                           cette négociation et c’est la position que nous
          gramme Alimentaire Mondial qui agit contre la                            défendons depuis l’origine, conformément aux
          faim. Il convient de remarquer que ces deux exemples (réfugiés et aide   instructions du Prince Albert II.
          alimentaire) font hélas écho aux conséquences de la guerre menée par la   Nous avons bien avancé sur les points techniques dans le contexte de
          Russie contre l’Ukraine et à la période de grande sécheresse qui sévit depuis   l’examen de la reprise de l’acquis européen. L’équipe de négociation
          plusieurs mois dans une partie du monde renforçant malheureusement   côté européen a changé fin 2021 et nous espérons pouvoir aborder
          les perspectives de famines qui pourraient survenir dans de nombreux   cette année une discussion politique avec la nouvelle unité en charge
          pays, principalement en Afrique et dans les pays arabes les plus pauvres.   de notre dossier pour avoir une vision sur l’avenir des négociations.

          La priorité est donc de lutter contre la pauvreté ? Comment et dans
          quels pays ?
          Répondant aux Objectifs de développement durable de l’ONU, le principal
          objectif de la politique de coopération au développement menée par le
          Gouvernement Princier est de lutter contre la pauvreté en favorisant l’accès
          des plus vulnérables à leurs droits fondamentaux : la santé, la sécurité
          alimentaire et nutritionnelle, l’éducation/protection de l’enfance et l’accès
          au travail décent. Ces droits sont souvent bafoués et il est de notre devoir
          d’agir pour la dignité et le développement de chacun. Nos interventions
          sous la forme de projets menés par des partenaires efficaces ciblent tout
          particulièrement les groupes les plus vulnérables dans 11 pays prioritaires
          situés essentiellement en Afrique et à Madagascar : les enfants, les femmes,
          les personnes en situation de handicap, les personnes réfugiées/déplacées.


          Ces actions s’inscrivent sur le long terme ?
          La Direction de la Coopération Internationale est en charge de la coopéra-
          tion au développement. Ses réalisations sont guidées pour des périodes
          de trois ans par un plan stratégique qui en définit les lignes maîtresses.
          L’augmentation importante des moyens consentis s’inscrit dans un
          contexte où, pour la première fois depuis plus de vingt ans, l’extrême                                      © Direction de la Coopération Internationale au Burkina Faso
          pauvreté a augmenté, notamment en 2020 sous les effets des consé-
          quences de la pandémie de COVID-19. Selon l’Organisation des Nations
          Unies, une décennie de développement aurait été balayée dans les pays
          les plus pauvres. Sans parler des conséquences du conflit en Ukraine….


          La coopération monégasque est engagée auprès des populations vulnérables en Afrique via le financement de projets dans des domaines variés tels que la santé, la nutrition, ou la sécurité alimentaire.
          En 2018, le Prince souverain Albert II de Monaco a effectué une visite d’amitié et de travail au Burkina Faso. Un séjour qui a permis de parcourir différents domaines de la Coopération entre les deux pays.
          En 2020, compte tenu de l’épidémie de Covid-19, la Direction de la Coopération Internationale a mis en place un système exceptionnel d’aides d’urgence dans ses pays partenaires: Afrique du Sud, Burkina Faso, Burundi,
          Liban, Madagascar, Mali, Maroc, Mauritanie, Niger, Sénégal et Tunisie.
          Sur les 388 millions d’enfants qui reçoivent un repas scolaire dans le monde, seuls 53 millions d’enfants (13%) sont en Afrique sub-saharienne. La DCI soutient les programmes d’alimentation scolaire, qui contribuent à la
          solidité des systèmes alimentaires locaux (soutien aux petits producteurs, coopératives et groupement de femmes, achats locaux, diversification des aliments).

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