Piles usagées, ampoules, restes de peinture, appareils électriques hors d’usage, médicaments non consommés… Invisibles au quotidien, les déchets ménagers spéciaux sont pourtant omniprésents dans les foyers monégasques. Leur point commun : ils ne peuvent en aucun cas être jetés avec les ordures ménagères classiques. Mal orientés, ils deviennent une source de pollution majeure, voire un risque pour la sécurité des installations de traitement.
« Les déchets ménagers spéciaux sont, par définition, des déchets particuliers que l’on ne peut pas jeter dans les bacs gris ni dans les bacs jaunes, car ce ne sont pas des emballages », rappelle Marie Bérard, Directrice adjointe de la Société Monégasque d’assainissement (SMA). « Ils doivent être mis de côté et déposés dans des lieux spécifiques, prévus pour leur prise en charge. Contrairement aux idées reçues, ces déchets ne sont pas rares. Ils se nichent dans de nombreux objets du quotidien : piles boutons dissimulées dans les jouets ou les petits équipements électroniques, ampoules et néons, produits de bricolage comme les peintures, solvants, engrais ou aérosols, mais aussi radiographies, médicaments ou petits appareils électroménagers en fin de vie « Ce sont souvent de petits volumes, mais leur potentiel polluant est extrêmement élevé », souligne Marie Bérard. « S’ils sont incinérés ou abandonnés dans la nature, ils peuvent polluer les sols, le milieu marin et générer des émissions nocives. »
Une organisation structurée pour une gestion sécurisée
Pour répondre à cet enjeu, la SMA a mis en place un dispositif structuré. En Principauté, les particuliers peuvent déposer leurs déchets ménagers spéciaux au centre d’accueil de la SMA, rue du Gabian. « Nous y acceptons les petits déchets ménagers spéciaux, comme les piles, ampoules, déchets chimiques ou petits équipements électriques », précise la Directrice adjointe. « En revanche, les déchets volumineux ou le gros électroménager ne relèvent pas de ce site. » Parallèlement, des points de collecte de proximité sont déployés chez les distributeurs, notamment pour les piles, ampoules et équipements électriques. « Là où ces produits sont vendus, ils peuvent aussi être repris une fois usagés », explique-t-elle.
Une fois collectés, les déchets sont centralisés au centre de la SMA, où un tri précis est effectué par catégorie. « Chaque flux est isolé : piles, ampoules, néons, déchets d’équipements électriques et électroniques… », détaille Marie Bérard. « Ensuite, des prestataires spécialisés prennent le relais pour assurer un traitement adapté, principalement en France. » Certaines matières sont recyclées, comme les métaux contenus dans les piles (mercure, cadmium, enveloppes métalliques), tandis que d’autres déchets sont neutralisés afin d’éviter tout impact environnemental.
Mini-déchetterie mobile : rapprocher le service des habitants
Depuis avril dernier, la SMA a franchi une nouvelle étape avec la mise en place d’une mini-déchetterie mobile, présente un samedi par mois dans un quartier différent de la Principauté.« L’objectif est de se rapprocher encore davantage des résidents », explique Marie Bérard. « En moins d’un an, ce dispositif a permis de collecter près de 700 kilos de déchets ménagers spéciaux, majoritairement des déchets électriques et électroniques, mais aussi des piles, ampoules et radiographies. » Face au succès rencontré, l’opération est reconduite pour 2026, avec un calendrier déjà accessible sur le site de la SMA.
Sécurité : une vigilance accrue sur certains déchets à risque
Certains déchets présentent des risques spécifiques. « Les batteries lithium-ion, présentes dans les téléphones, ordinateurs ou trottinettes électriques, sont extrêmement inflammables », alerte la directrice adjointe de la SMA. « Mal jetées, elles peuvent provoquer des départs de feu dans les bennes ou les véhicules de collecte. » Autre point de vigilance : les bonbonnes de protoxyde d’azote, susceptibles de provoquer des explosions dans les fours de l’usine de traitement. « Ces déchets ne doivent jamais être jetés dans les bacs classiques, mais déposés directement à la SMA », insiste-t-elle.
À travers ce dispositif global, la SMA rappelle un principe essentiel : bien trier les déchets ménagers spéciaux, c’est protéger l’environnement, les infrastructures et les femmes et les hommes qui œuvrent chaque jour au service de la propreté et de la sécurité de la Principauté.
