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WHAT ELSE
LA CRISE et ses effets dans son évolution
par Suzanne Belaieff
LE SIGNE TYPIQUE
Le signe est composé d’un signifiant et d’un signifié.
Le signifié est une représentation psychique de la chose.
Le signifiant sa substance est toujours matérielle.
A eux trois, ils forment le signe typique.
L’image comme recomposition formelle, face à la fragmentation des acteurs et des territoires,
on trouve une confirmation évidente dans les changements de dynamique entre confirmation
et conception de l’Architecture ; en effet il n’existe plus de phasage clair car les rôles se super-
posent et se confondent notamment concernant l’aménageur, le promoteur et le concepteur,
interpénétration des univers des maîtres d’ouvrages privés et publics par une recomposition
incessante des acteurs insaisissables. Nous assistons aux bouleversements des processus
décisionnels selon des dynamiques instables. A rechercher à compenser le caractère fragmen-
taire de la réalité comporte les risques de mal identifier les acteurs réels, leurs rivalités ou leurs
divisions, à distinguer impérativement le territoire urbain pendant sa netteté géographique et de
clarté administrative au moment où la symbolique urbaine, l’image fabriquée, détient l’étendard
de ralliement. Dans tous les cas l’objet-architecture est réduit à une image pour séduire. Une
perspective historique est nécessaire, « elle identifie des généalogies, des filiations et place
les objets, les personnes ainsi que les discours dans leurs contextes respectifs » Elle donne à
l’espace une profondeur temporelle.
NON, pas de réduction de l’Architecture à un simple outil de communication !
NON, faire du style une mode grâce à la réduction de l’Architecture aux deux dimensions d’une
image iconique !
Nous assistons à la séparation entre esthétique et fonction, rapport problématique entre si-
gnifiant et signifié ; l’objet architectural perd toute autorité de la chose car il se trouve « vidé »
de ses significations et pris en tant que tel. Le territoire constitue « un organisme vivant » de
haute complexité produit par la rencontre entre événements culturels et nature et comprenant
des lieux dotés d’identité, d’histoire d’une structure de longue durée, processus entre le travail
humain et la nature. Considérer une échelle repère qui peut avoir un impact qualitatif majeur,
l’identification d’une échelle de cohérence, constitue une possibilité de nuire au projet de l’Art
de la Crise à l’ensemble des échelles de l’Urbain. En définissant comme repère une échelle de
cohérence plus porteuse de sens que d’autres, l’Art de la Crise Urbaine peut fournir au cadre
qui permet d’appréhender son bien-fondé vis-à-vis de cette échelle. En démarquant des milieux,
la politique prend naissance entre les hommes et trouve aussi « son lien entre les hommes ».
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Lopposition entre humain et la nature est écartée en faveur de l’étude de l’humain DANS la nature.
Architecture de Crise
Le terme « Architecture » est désormais riche en déploiements symboliques et philosophiques.
Si son « halo sémantique » est vaste , un dénominateur commun les caractérisent. Ce que
génère l’Art de la Crise Urbaine, le dessin des milieux urbains s’éloigne de la connotation d’ar-
chitecture qu’entretient « l’establishment », ce dernier la cantonne au bâtiment distinguant entre
architecture et urbanisme.
Architectes de Crise
Elle est caractérisée par une responsabilité sur les ouvrages. La structure de l’establishment
tend à laisser de moins en moins de place aux domaines d’où peuvent se déployer ces formes
d’adaptabilité nécessaires. Ce n’est pas un hasard si les alternatives urbaines ne surgissent
généralement pas des cadres officiels mais sont initiées par des habitants, des architectes ;
soit une ouverture à la prise de risques ce qui implique de reconsidérer ceux qui peuvent être
« qualifiés d’architectes ». Il ne peut y avoir d’Art de la Crise SANS architectes.
Tactique de Crise
Même si les architectures s’inscrivent et évoluent dans le temps, il s’agit bien au moment de
leur conception de répondre aux besoins et aspiration qui en sont à l’origine. La cohabitation
est nécessaire entre ce qui est « passé » à priori et structuré ainsi que l’adaptation à l’imprévu.
L’Art de la Crise est bien un art de l’improvisation, un choix de l’instant de crise qui s’inscrit dans
un programme structuré à plus long terme. L’Art de la Crise urbaine comporte les capacités
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