À Monaco, la dynamique économique se distingue nettement du reste des économies avancées. Sa vitalité se reflète dans la plupart des indicateurs économiques : en 2024, le volume global des échanges internationaux a bondi de 12,2 %, l’emploi dans le secteur privé a crû de 5,5 % et les finances de l’État affichent un nouvel excédent. Autant de signes d’une économie monégasque particulièrement résiliente et robuste. Seule la progression du chiffre d’affaires, hors Activités financières et d’assurance, reste plus contenue cette année (+1,2 %, contre +5,5 % en 2023).
Ainsi, après trois années de forte reprise post-crise sanitaire, la Principauté enregistre en 2024 une nouvelle accélération de sa croissance, parmi les plus importantes à l’échelle internationale.
RÉSULTAT DU PIB NATIONAL
Le PIB de la Principauté de Monaco dépasse pour la première fois les 10 milliards d’euros (10,28 milliards d’euros), contre 9,25 milliards en 2023. Le taux de croissance réel[1] atteint 8,8 %, soit près de trois points de plus que celui observé l’année précédente.
Évolution décennale du PIB

Unité : million d’euros / Sources : INSEE, IMSEE
Depuis 2015, il a augmenté de près de 53 %, soit presque le double de la croissance mondiale (+28 %), près de quatre fois celle de la zone euro (+13 %) et cinq fois celle de la France (+11 % environ).
Évolution décennale du PIB selon la zone géographique

Source : Banque mondiale, IMSEE
STRUCTURE DU PIB
Conformément à l’approche retenue à Monaco, où le PIB est considéré comme un indicateur de revenu, il se décompose en quatre composantes. En 2024, ces dernières ont toutes progressé par rapport à l’année précédente. Les subventions sont les seules à réduire le montant du PIB puisqu’elles impactent négativement l’agrégat dans l’approche retenue en Principauté.
Évolution décennale des composantes du PIB en millions d’euros courants

Unité : million d’euros / Sources : IMSEE
L’Excédent Brut d’Exploitation (EBE), assimilé à la « rémunération » ou au revenu productif des entreprises, totalise près de 5 milliards d’euros (+12,2 %). Il représente 45,6 % du PIB hors subventions et demeure le premier contributeur au PIB en 2024.
La rémunération des salariés, correspondant à la redistribution de la richesse créée sous forme de salaires et de cotisations, atteint 4,4 milliards d’euros, soit 41,0 % du PIB hors subventions. Elle enregistre une hausse de 11,7 %, soit plus de trois fois la croissance du nombre de salariés actifs[2].
Les impôts sur la production progressent plus modérément (+3,2 %) et atteignent un total de 1,4 milliard d’euros, ce qui représente un poids dans le PIB hors subventions de 13,4 %. Les subventions suivent une hausse similaire aux impôts (+3,1 %) et s’élèvent à 503 millions d’euros.
PIB PAR SECTEUR D’ACTIVITÉ
Les évolutions sectorielles du PIB sont quasi exclusivement positives. Cinq grands secteurs d’activité (GSA) enregistrent une progression à deux chiffres de leur PIB en valeur, tandis qu’un seul secteur d’activité diminue.
PIB par GSA en 2023 et 2024 en millions d’euros courants

Unité : million d’euros
Source : IMSEE
Une fois encore, les Activités scientifiques et techniques, services administratifs et de soutien réalisent de loin le PIB sectoriel le plus élevé. Avec 2,4 milliards d’euros, elles représentent près du quart de la richesse créée en Principauté, tous secteurs confondus.
La hausse des Activités financières et d’assurance est plus modérée cette année, mais est tout de même de près de 5 %. Leur PIB s’élève à 1,8 milliard d’euros en 2024, soit 17,6 % du total.
Portée par la promotion immobilière, la Construction enregistre une nette progression de son EBE, entraînant une hausse du PIB sectoriel de 23,8 %. Le niveau de richesse créée par ce secteur approche ainsi le milliard d’euros, soit près d’un dixième du total.
L’Hébergement et restauration poursuit sa dynamique soutenue. Après une croissance de 8,2 % l’an passé, il augmente en 2024 de 13,5 %. Ce secteur, durement éprouvé par la crise sanitaire, a significativement progressé de 36,8 % par rapport à 2019.
Avec un PIB de 462,8 millions d’euros, les Autres activités de services enregistrent une croissance remarquable de 68,1 % cette année, notamment due aux Activités liées au sport. Dans une moindre mesure, la progression du niveau de richesse créée par les Industries manufacturières, extractives et autres est également notable (+22,9 %).
Le Commerce de détail est le seul secteur accusant une baisse de son PIB en 2024 (-3,4 %). Celle-ci provient d’une réduction du résultat net réalisé dans le Commerce de détail d’habillement en magasin spécialisé et dans le Commerce de véhicules automobiles, et ce en dépit d’une hausse de la rémunération des salariés du GSA.
Répartition sectorielle du PIB 2024

Source : IMSEE
En 2024, la part du PIB de la Construction dépasse celle du Commerce de gros, une situation qui n’était plus arrivé depuis 2020. Les trois principaux contributeurs au PIB de la Principauté sont donc les Activités scientifiques et techniques, services administratifs et de soutien, les Activités financières et d’assurance et la Construction. Ensemble, ils représentent plus de la moitié du PIB monégasque en 2024 (50,6 %).
LE PIB « PER CAPITA » ET PAR SALARIÉ
| Afin de permettre de situer la Principauté dans son environnement et dans un contexte international, deux PIB par individu sont déterminés « ad hoc » : le PIB « per capita » et le PIB par salarié. La population salariée monégasque étant majoritairement composée de travailleurs ne résidant pas à Monaco, la population de référence retenue comprend la population résidente et la population non-résidente salariée sur le territoire économique. |
Évolution décennale du PIB « per capita »

Sources : INSEE, IMSEE
En 2024, le PIB « per capita » dépasse nettement les 100 000 euros. La population de référence ayant augmenté de 2,5 %, la croissance du PIB « per capita » est mathématiquement inférieure à celle du PIB. Celle-ci atteint tout de même 6,2 % en volume.
Sur la décennie, le PIB « per capita » a progressé de 28,9 %, soit une augmentation en moyenne chaque année de 2,9 %, correction faite de l’inflation.
Évolution décennale du PIB par salarié

Sources : INSEE, IMSEE
Le PIB par salarié passe les 150 000 euros en 2024, après une croissance réelle de 5,2 %. Celle-ci est atténuée par l’augmentation de la population salariée de 3,5 % cette année.
En comparaison avec son homologue français, le PIB par salarié monégasque reste largement supérieur et l’écart se creuse encore cette année. En effet, le PIB par salarié français n’a progressé que de 1,1 % en 2024 (contre 5,2 % à Monaco). Il est ainsi supérieur de 45,1 % en Principauté (+43 504 euros), soit plus du double de l’écart observé dix ans auparavant.
Évolution du PIB par salarié à Monaco et en France en euros constants

Unité : euros, base 100 en 2020
Sources : INSEE, IMSEE
Retrouvez le rapport complet sur le site imsee.mc
[1] Le PIB en valeur est exprimé en « euros courants ».
Le PIB en volume est exprimé en « euros constants » base 100 en 2020. Il est corrigé de l’inflation par l’Indice des prix du produit intérieur brut et de ses composantes, publié par l’INSEE.
La croissance réelle correspond à l’évolution du PIB en volume
[2] Salarié ayant travaillé au moins une heure durant le mois de décembre de l’année considérée.
Le PIB en volume est exprimé en « euros constants » base 100 en 2020. Il est corrigé de l’inflation par l’Indice des prix du produit intérieur brut et de ses composantes, publié par l’INSEE.
La croissance réelle correspond à l’évolution du PIB en volume