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Maitrise du risque - Principaute de Monaco

Maitrise du risque et gestion de crise

Après avoir été plongé dans une crise sanitaire, le monde fait face à d’autres menaces. Comment les traiter ? Monaco Economie a fait un tour d’horizon des acteurs publics et privés de la gestion de risques, de la prévention à la gestion de crise. Du risque sanitaire au risque cyber.

C’est une véritable ère d’incertitude qui s’ouvre devant nous. Après une crise sanitaire inédite liée à l’épidémie de Covid-19, la planète retient son souffle, le regard braqué sur la guerre en Ukraine et les menaces d’attaques nucléaires de Vladimir Poutine. Entre dégradation du climat et crise énergétique, on ne sait plus où donner de la tête… « La période des 12 prochains mois s’annonce diffi cile sur le plan économique, social, météorologique, énergétique… Faire des prévisions au-delà de 6 mois s’avère très compliqué », confi ait Christophe Barraud, « meilleur prévisionniste au monde » selon l’agence fi nancière Bloomberg, en escale en principauté pour le salon Monaco Business.
Car dans ce monde incertain, les risques se multiplient. Au niveau planétaire, étatique et des acteurs économiques.


L’émergence de « méga-risques »
Les organisations internationales l’ont bien compris. « Les désastres majeurs survenus dans les années récentes (tels que les attentats terroristes du 11 septembre 2001, l’émergence de maladies infectieuses jusque-là inconnues, des inondations d’ampleur rare en Europe, des incendies de brousse dévastateurs en Australie et des tempêtes de verglas d’une violence extrême au Canada) ont fait germer parmi les gouvernements des pays de l’OCDE l’idée qu’il se passait là quelque chose de nouveau », observait-on déjà à l’Organisation de Coopéra-tion et de Développement Économiques (OCDE) il y a 20 ans, dans un premier rapport sur les risques systémiques émergents. « De tels « méga-risques » ont en effet la capacité d’infliger des dommages considérables aux systèmes vitaux et aux infrastructures dont nos sociétés et nos économies dépendent». Aujourd’hui, les rapports du GIEC alertent plus que jamais sur l’impact dévastateur du changement climatique. Les risques climatiques s’aggravent, plus vite que prévu. Avec un réchauffement estimé au minimum à 1,5 °C, les aléas clima-tiques sont inéluctables. Près de la moitié de la population mondiale connaît une grave pénurie d’eau pendant au moins un mois par an, ce qui intensifi e les risques sanitaires. Dès 2030-2040, les territoires inhabitables se multiplieront.

A l’échelle nationale
L’Homme ne peut pas se protéger de tout, mais il peut limiter les dé-gâts lors de la réalisation d’un risque. A l’échelle nationale, la politique de prévention vise à réduire leurs conséquences dommageables, en complément de la gestion de crise et de l’indemnisation des victimes : connaître les risques, informer, éduquer, surveiller, prévoir, réduire la vulnérabilité, protéger, se préparer à la crise, exploiter le retour d’expérience et responsabiliser1. Chaque État les calcule. Ainsi en France, plus des deux tiers des 36 000 communes sont exposés à au moins un risque naturel ; 1 Français sur 4 et 1 emploi sur 3 sont aujourd’hui potentiellement exposés aux inondations, principal risque majeur national au titre du nombre de personnes concernées et du coût économique des catastrophes. Le risque sismique est le risque le plus redouté en terme de nombre de victimes potentielles !

Et les entreprises ?
Cette logique est transposable aux acteurs économiques. Chaque en-treprise fait face à des risques qui pourraient représenter des menaces pour sa réussite. Leur gestion permet l’identification de ce qui pourrait mal tourner et la mise en œuvre de stratégies pour y faire face. Il n’y a qu’à regarder le rapport d’activité de sociétés cotées en bourse pour voir comment les risques (politiques, économiques, sociaux, sanitaires, opérationnels, environnementaux ou encore de conformité aux régle-mentations) sont analysés, montrant ainsi qu’elles sont préparées à les traiter. Ils sont identifiés, classés par nature et selon leur probabilité d’occurrence voire cartographiés. A Monaco, c’est le cas par exemple de la Société des Bains de Mer. « Pour se prémunir du risque climatique, des mesures ont été prises telles que la prise en compte des alertes diffusées par les autorités françaises ou monégasques, avec la mise en œuvre de dispositifs de protection du patrimoine mobilier et immobilier. La construction d’une digue sous-marine en mars 2021 au Monte-Carlo Beach permet également de prévenir les risques météorologiques sur cet établissement en bord de mer », indique ainsi la société dans son dernier rapport public annuel. Plan de continuité et plan de secours, gestion des risques de projet, programme anti-fraude, adéquation et efficacité des contrôles, articulation des contrôles avec les objectifs et risques associés (qualité, performance, transformation, etc.)… Le contrôle interne est un outil essentiel pour maîtriser l’ensemble des risques dans une entreprise. Et parer toute éventualité. Montrant que la prise en compte des risques dans la société est nécessaire à tous les stades et à tous les niveaux d’organisation.

C’est quoi un risque ?

Le risque est la confrontation d’un aléa avec des enjeux. Les risques sont regroupés en cinq grandes familles :

• les risques naturels : inondations, incendies de forêt, séismes, éruptions volcaniques, mouvements de terrain, submersion marine, avalanches, cyclones, tempêtes ;
• les risques technologiques : risques industriels, ruptures de barrages et digues, risques nucléaires ;
• les risques de transports (collectifs et matières dangereuses) sont des risques technologiques. On en fait un cas particulier car les enjeux varient en fonction de l’endroit où se déroule l’accident ;
• les risques de la vie quotidienne : accidents domestiques, ac-cidents de la route… ;
• les risques liés aux conflits.

Milena RADOMAN

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