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La LNPCA vise à « accroitre de 23 millions le nombre de voyageurs/an d’ici 2035 »

La promesse de la Ligne Nouvelle Provence Côte d’Azur (LNPCA), c’est 6 TER par heure et par sens entre Cannes et Menton et de nouvelles gares multimodales dont Nice-aéroport dès 2028.

Avec le projet de Ligne Nouvelle Provence Côte d’Azur, le rêve de RER métropolitain azuréen se renforce. Il prévoit en effet une augmentation possible du nombre de trains du quotidien (+ 66 %) avec la mise en œuvre de 3 services express régionaux métropolitains autour des aires urbaines d’Aix-Marseille, de Toulon et de Nice et la Côte d’Azur. Objectif : « accroitre de plus de 23 millions le nombre de voyageurs ferroviaires annuel d’ici 2035, dont 62 % vont se reporter de la route vers le train ». Sur 40 ans d’exploitation, le projet permettrait d’éviter l’émission de 450 000 TeqCO2 (tonnes équivalent CO2) …

Un Service Express Métropolitain Azuréen

Techniquement, ces 3 Services Express Régionaux Métropolitains (SERM) sont censés apporter une offre de mobilité fiable, fréquente et facile à utiliser, aux habitants de périphérie des métropoles. Concrètement, les phases 1 & 2 de la LNCPA* ont vocation à mettre en place un Service Express Métropolitain Azuréen avec 6 TER/heure/sens entre Cannes et Menton soit toutes les 10 minutes (contre 4 aujourd’hui), un SERM Toulonnais (4 TER entre Saint-Cyr et La Pauline) et un SERM Marseillais (3 TER omnibus entre Marseille et Aubagne et 4 TER sur les voies littorales entre Saint-Charles et l’Estaque). Il s’agira aussi d’augmenter le nombre de liaisons rapides sur l’axe Marseille-Vintimille, « améliorant ainsi les liaisons ferroviaires régionales entre les trois métropoles et l’accès à l’ensemble du territoire français depuis le Var et les Alpes-Maritimes ».

162 millions pour les SERM de la région Sud

En 2023, ce projet a franchi un pas supplémentaire. Déjà déclaré d’utilité publique par arrêté préfectoral, il vient d’être conforté par la nouvelle loi sur les RER métropolitains votée en décembre 2023. Un an après l’annonce tonitruante d’Emmanuel Macron de créer des pendants au RER parisien, une première enveloppe de près de 800 millions d’euros sur la période 2023-2027 a été allouée au développement de trains cadencés toutes les 10 à 15 minutes, et de liaisons radiales traversant les grandes métropoles. Les SERM pourront aussi inclure « des services de transport fluvial, de covoiturage, d’autopartage » et des services de transports guidés (métros, tramways, téléphériques…). Dans ce cadre, 162 millions d’euros ont été attribués à la région Provence Alpes-Côte d’Azur pour les études de préfiguration et les premiers travaux des RER métropolitains autour des villes d’Aix-Marseille de Toulon, de Nice et d’Avignon. Le protocole relatif au volet mobilités du Contrat de Plan Etat-Région (CPER) prévoit quant à lui 1,5 milliard d’euros d’investissements dans les transports d’ici 2027.

L’aéroport de Nice à portée de train !

 Autre mesure phare du projet de LNPCA : l’aménagement de certaines gares existantes mais aussi la création d’installations ferroviaires et de gares nouvelles, notamment à Marseille et Cannes. « À Nice, la nouvelle gare TER et TGV constitue l’une des bases structurantes de l’Opération d’Intérêt National Nice Eco-Vallée. À proximité immédiate du 3e aéroport français, elle sera également en connexion directe avec la nouvelle gare routière, les lignes de tramway, les pistes cyclables et la coulée verte reliant la promenade des Anglais au futur parc des expositions, faisant de ce pôle multimodal éco-conçu l’un des plus aboutis de France », expliquent ainsi les autorités. Cette nouvelle infrastructure ferroviaire, mise en service fin 2028, permettra d’accueillir 3,8 millions de voyageurs par an, soit un peu plus de 10 000 passagers par jour. Le projet assurera à terme la circulation des fameux 6 trains/heure dans le cadre d’une gare de 4 voies, puis 6 voies ultérieurement (la gare actuelle de Nice St Augustin ne reçoit que des TER sur 2 voies à quai). Coût de l’opération : 235 millions d’euros (40% Etat, 40% collectivités, 5M€ financés par la Métropole, 20% Europe).

Cette nouvelle gare « Nice – Aéroport » bénéficiera aussi à la Principauté, à ses résidents et touristes. Elle permettra de rejoindre facilement l’aéroport en train depuis Monaco, et inversement ! De quoi éviter les embouteillages et donner du poids à l’intermodalité. Aujourd’hui, il est déjà possible de s’arrêter à Nice-Saint Augustin et d’emprunter un dernier tram pour aller prendre son avion…

D’autres travaux sont envisagés dans le cadre de la LNCPA : la création de 2 voies à quai en gare de Nice ville pour accroître la capacité et la régularitéen fluidifiant le passage des trains et la réalisation de
5 voiesde remisage à Nice Saint-Roch afin de garer et entretenir les 50% de TER supplémentaires.

Opposition au projet

Reste que ce projet n’est pas du goût de tout le monde et a vu naître l’opposition d’associations environnementales et de communes. A l’instar de Saint-Raphaël : « Il ne s’agit plus d’une LGV, ligne à grande vitesse mais d’une simple ligne nouvelle sur une section réduite de son parcours. La vitesse commerciale des trains plafonnera sur une partie seulement à 250 km/h ce qui n’apportera pas de gain de temps. (…) Suivant l’analyse d’experts, le non-investissement dans la maintenance des rails a notamment entraîné une durée de trajet plus élevé entre Marseille et Nice, alors qu’en 1978 il fallait 2 heures 06, il faut désormais 2 heures 38. Le projet prévoit de ramener le temps de trajet à 2 heures 18 », expose la ville qui dénonce « de graves conséquences économiques et écologiques ». « Le projet de ligne nouvelle prévoit de traverser le Massif de l’Estérel en y construisant notamment un tunnel », argumente la commune.

Il est vrai qu’on est loin du projet initial de ligne à grande vitesse (LGV) reliant Paris à Nice en 3h50… Un projet abandonné pour donner priorité aux trains du quotidien. On se rapproche en revanche du projet de métro, en partie enterré, entre Nice et Monaco, appelé de ses vœux par le maire de Nice Christian Estrosi et par les élus du Conseil national monégasque. Pourquoi créer une nouvelle infrastructure coûteuse et complexe si le service de train remplit enfin sa mission de service public ?

*Les travaux de la phase 1 commenceront en 2025 pour des mises en service successives de 2028 à 2030. Les travaux de la phase 2 commenceront en 2027/2028

Milena Radoman

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