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Financer une croissance préservant l’environnement

Incendies gigantesques et interminables, tempêtes dévastatrices et répétitives, inondations submergeant tout, accélération de la fonte des calottes polaires et des glaciers : l’année 2023, la plus chaude jamais enregistrée, ne fut qu’une longue suite d’événements démontrant l’évidence du réchauffement climatique et de ses dramatiques conséquences.

Pour l’essentiel, ce phénomène est généré par les renvois de gaz carbonique dans l’atmosphère. Un CO2 provoqué par le recours encore massif aux sources d’énergie fossiles – charbon et pétrole – pour la production industrielle, le chauffage et les transports. Bref, par tout ce qui touche à l’activité humaine de notre temps.

Face à ce péril létal pour l’humanité, toute la communauté scientifique internationale est désormais unanime à cet égard, une seule contre-mesure possible : décarboner massivement, et relativement vite, l’activité pour préserver l’atmosphère et ainsi faire baisser le thermomètre.

Techniquement, c’est possible mais cher, très cher. Pour accélérer la transition écologique, les sommes d’argent à mobiliser qui sont annoncées apparaissent énormes.

Elles semblent même inatteignables pour tout un courant de pensée qui estime que le sauvetage de la planète ne peut être espéré que par un arrêt de la croissance, voire même une réduction de la production, et de la consommation.

Ce n’est absolument pas dans cette démoralisante perspective que s’inscrit Paolo Di Gaeta, diplômé de sciences politiques et spécialiste des questions de finance internationale.

« Il faut être lucide » commente-t-il. « Provoquer une décroissance mondiale serait une monstruosité vis à vis des centaines et des centaines des millions d’êtres humains encore au-dessous du seuil de pauvreté en Afrique, dans le sous-continent indien, en Amérique du sud. Comment leur faire tolérer l’idée qu’ils ont trop à manger, trop de logements, trop de vêtements ? Seule une croissance économique généralisée peut leur apporter des lendemains meilleurs. Par ailleurs, dans les pays développés, un abaissement de l’activité induirait forcément des suppressions d’emploi et donc des baisses de niveau de vie consécutives à la plongée dans le chômage. Là aussi, c’est une vision de l’avenir insupportable pour les populations ».

Des emprunts à très long terme pour des investissements ciblés

Si le maintien de la croissance est une nécessité, il faut donc la faire compatir avec l’impérieuse décarbonation de la vie économique.

Un challenge qui ne peut être remporté que si d’énormes investissements sont consentis pour le développement des ressources en énergie renouvelable et à leur l’adaptation au fonctionnement des différents secteurs d’activité.

Mais comment les états peuvent-ils faire émerger de nouvelles capacités financières alors que la plupart d’entre eux, à de rares exceptions près, sont déjà dangereusement endettés au regard de leur produit intérieur brut ?

« Je suis de ceux qui pensent que c’est parfaitement possible si l’on y met la volonté politique nécessaire » explique Paolo Di Gaeta. « Tout d’abord, en passant par les organismes financiers qui les fédèrent (Banque centrale européenne, banque mondiale, FMI).  Les gouvernements doivent s’entendre sur le fait qu’il faut changer les règles de la comptabilité internationale et que, désormais, les emprunts publics destinés à la préservation de l’environnement ne doivent plus être inclus dans le montant des dettes étatiques. Ceci est essentiel pour que les gouvernements ne demeureront pas inertes par peur de dégrader la réputation de solvabilité de leurs pays.

Quant à faire émerger de nouvelles capacités financières, afin d’y parvenir, les états doivent émettre des emprunts obligataires dont le rythme de remboursement ne les étouffe pas en étalant celui-ci sur du très long terme : 90 ans, un siècle.

Cette durée ne rebutera pas les prêteurs car ces obligations seront bien sûr monnayables en bourse à tout moment. De plus, pour accroître la motivation des souscripteurs potentiels, la destination du produit de ces emprunts, à savoir des investissements allant tous dans le sens de la décarbonation et la protection de l’environnement de manière générale, devra absolument être garanti par les états émetteurs ainsi que par les banques centrales qui les chapeautent. En terme de technique financière, ce type d’obligation porte le nom de «covered bonds». On le voit, les moyens existent. Aux gouvernants de se mettre d’accord pour s’en servir ».

Paolo di Gaeta

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